Aperçu du marché : Projets d’énergie propre dans les communautés isolées autochtones et du Nord

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Date de diffusion : 2023-02-15

Il y a environ 178 communautés autochtonesNote de bas de page 1 et du NordNote de bas de page 2 qui ne sont pas reliées au réseau électrique nord-américain ou à l’infrastructure gazière continentale. L’accès routier à l’année n’existe que pour certaines de ces communautés, dont plus de la moitié ne sont accessibles que par la voie des airs.

Ces communautés isolées dépendent beaucoup du diesel pour produire de l’électricité et se chauffer, exception faite de réseaux régionaux surtout hydroélectriques au Yukon ou autour du Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest (« T.N.-O.  »)Note de bas de page 3, puis d’Inuvik et de Norman Wells, aussi dans les T.N.-O., où le gaz naturel (fourni localement ou liquéfiéDéfinition* et transporté par camion) est utilisé pour le chauffage. Certains bâtiments peuvent aussi être chauffés au propane, à la biomasse (granules de bois) ou à l’électricité (par résistance ou thermopompes).

Figure 1 – Carte des communautés isolées autochtones et du Nord du Canada avec leur principale source d’électricité

Sources et Description

Sources : Ressources naturelles Canada – Base de données sur l’énergie dans les collectivités éloignées; Statistique Canada – Recensement de la population de 2021; site Web de diverses communautés autochtones; Régie de l’énergie du Canada

Description : Cette carte interactive illustre l’emplacement de 178 communautés isolées autochtones et du Nord du Canada. La taille des cercles est fonction de l’importance de la population et leur couleur représente la principale source de production d’électricité.

Le nombre de communautés isolées autochtones et du Nord dans chaque province ou territoire est le suivant : Yukon (21), T.N.-O. (35), Nunavut (25), Colombie-Britannique (27), Alberta (4), Saskatchewan (1), Manitoba (4), Ontario (26), Québec (22) et Terre-Neuve-et-Labrador (14). Il n’y en a aucune en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick ou à l’Île-du-Prince-Édouard.

Projets autochtones d’énergie propre
Territoires du Nord
Panneau solaire et batterie

Sree Vyàa (projet d’énergie solaire à Old Crow)
Old Crow, Yukon (en anglais)
Population (2021) : 221
Situation : Opérationnel en 2021

La collectivité d’Old Crow est accessible par la voie des airs et dépend du diesel tant pour le chauffage que pour l’électricité. Sans accès par barge ou route d’hiver, le diesel est livré par avion quatre fois par année et stocké dans des réservoirs hors sol. Le projet d’ATCO Electric Yukon comprend des modules solaires pour une production de 940 kilowatts (« kW ») et prévoit le stockage de 616 kilowattheures (« kWh ») dans des batteriesNote de bas de page 4. Sree Vyàa devrait réduire la demande de diesel d’environ 190 000 litres par annéeNote de bas de page 5.

Panneau solaire

Énergie solaire à Aklavik
Aklavik, T.N.-O. (en anglais)
Population (2021) : 590
Situation : Opérationnel en 2022

La collectivité d’Aklavik dans le delta du Mackenzie dépend du diesel pour le chauffage et l’électricité. En 2021, Nihtat Energy Ltd. (en anglais) a mené à terme l’installation de panneaux solaires d’une capacité totale de 150 kW qui devrait réduire la demande annuelle de diesel d’environ 26,000 litres.

Panneau solaire

Énergie solaire à Inuvik
Inuvik, T.N.-O. (en anglais)
Population (2021) : 3 243
Situation : Opérationnel en 2023

Inuvik produit de l’électricité à partir de gaz naturel liquéfié et de dieselNote de bas de page 6. Un projet d’énergie solaire de 1 mégawatt (« MW ») de Nihtat Energy Ltd. a été mis en chantier en 2022 et devrait entrer en service en 2023. On prévoit une réduction de la demande de diesel d’environ 130,000 litres par année.

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Mise en œuvre du plan d’énergie propre de Gjoa Haven
Gjoa Haven, Nunavut
Population (2021) : 1 324
Situation : En cours

Gjoa Haven est un hameau inuit sur l’île King William. Le projetNote de bas de page 7, annoncé en juin 2022, prévoit des mesures écoénergétiques dans toutes les résidences, l’installation de panneaux solaires sur le toit des chalets et la promotion de sécheuses avec thermopompe. Des modules solaires seront installés sur le toit de la salle communautaire et du centre patrimonial. Pour ce projet, Gjoa Haven travaille en partenariat avec les services publics du territoire, Qulliq Energy Corporation (« QEC ») (en anglais), l’Arctic Renewables Society (en anglais) et un regroupement d’entreprises du hameau. Il devrait permettre de réduire la consommation de diesel d’environ 140,000 litres par année.

Panneau solaire, énergies renouvelables offshore et batterie

Microréseau d’énergie propre à Arviat
Arviat, Nunavut (en anglais)
Population (2021) : 2 657
Situation : Opérationnel en 2023

Le hameau d’Arviat, sur la baie d’Hudson, dépend entièrement du diesel pour l’électricité et la chaleur. NRStor (en anglais) a proposé un microréseau pour Arviat avec panneaux solaires d’une capacité totale de 200 kW, un parc éolien de 1,6 MW et possibilité de 2,0 mégawattheures (« MWh ») de stockage dans des batteriesDéfinition* qui devrait permettre, sur 20 ans, de réduire la demande de diesel d’environ 30 millions de litres. Le hameau sera propriétaire du projet avec NRStor et des revenus seront tirés de la vente de l’énergie propre à QEC.

Ouest canadien
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Projet de thermopompes à Bella Bella
Bella Bella, Colombie-Britannique (en anglais)
Population (2021) : 1 019
Situation : Projet pilote en cours lancé en 2018

Bella Bella est une collectivité isolée de l’île Campbell, au large de la partie continentale de la Colombie-Britannique, qui dépend principalement du diesel pour le chauffage des foyers. L’électricité est produite par un microréseau hydroélectrique (Ocean Falls) qui n’est pas relié au réseau nord-américain. Le projet consiste à remplacer les chaudières au diesel par des thermopompes plus efficacesNote de bas de page 8 fonctionnant à l’électricité. Chaque thermopompe devrait permettre à un ménage d’économiser 2,000 litres de carburant diesel et plus de 1,500 $ par année en frais de chauffage. En 2021, le remplacement proposé avait été réalisé dans plus de 159 des 410 foyers de la collectivitéNote de bas de page 9. En 2022, 120 résidences se sont ajoutées à ce total et celles restantes devraient aussi l’être d’ici le printemps 2023.

Biomasse

Projet de biomasse à Tsay Keh Dene
Tsay Keh Dene, Colombie-Britannique (en anglais)
Population (2021) : 230
Situation : En attente d’une décision d’investissement finale

Tsay Keh Dene est une communauté isolée dépendante du diesel située à l’extrémité nord du réservoir Williston, dans le nord de la Colombie-Britannique, à environ 200 km au nord-ouest de la gigantesque centrale de 2,730 MW W.A.C. Bennett et de son barrage, qui retient les eaux du réservoir. La centrale alimentée à la biomasse, actuellement dans sa deuxième version, est conçue par BBA ConsultingNote de bas de page 10. L’objectif initial de remplacement intégral du diesel, représentant une demande annuelle de 1 million de litres dans la communauté, a maintenant été ramené à 55 %. La biomasse proviendra des débris présents dans le réservoir, des projets d’atténuation des feux de friches, de même que des résidus et des déchets après récolte de bois d’œuvre.

Panneau solaire

Three Nations Energy (3NE)
Fort Chipewyan, Alberta (en anglais)
Population (2021) : 853
Situation : Réalisé en 2020

Fort Chipewyan est une collectivité du nord de l’Alberta située à l’extrémité ouest du lac Athabasca. Le parc solaire 3NE (en anglais) est le plus grand qui soit dans une collectivité isolée du Canada, avec une capacité de 2,2 MW. Le projet remplace chaque année 25 % du diesel qui aurait autrement été consommé chaque année pour la production d’électricité, ce qui équivaut à 800,000 litres. 3NE a été conçue et construite par Canadian Utilities (ATCO) (en anglais) et appartient entièrement à la Première Nation Athabasca Chipewyan (en anglais), à la Première Nation crie de Mikisew (en anglais) et à la section locale 125 des Métis de Fort Chipewyan.

Centre du Canada
Ligne électrique

Projet de ligne de transport d’électricité à Pikangikum
Pikangikum, Ontario
Population (2021) : 2 720
Situation : Réalisé en 2018

Pikangikum est l’une des plus grandes communautés isolées autochtones de l’Ontario. En 2018, elle a surmonté sa dépendance au diesel pour la production d’électricité. Dans le cadre du projet de transport d’électricité Wataynikaneyap sous la gouverne de la Première Nation, Pikangikum est devenue la première de 14 communautés isolées autochtones de la région à être raccordée au réseau électrique nord-américain. Wataynikaneyap Power (en anglais) (Watay Power) appartient à parts égales à 24 communautés des Premières Nations (51 %), dont Pikangikum, en partenariat avec Fortis Inc (en anglais) et d’autres investisseurs privés (49 %).

Ligne électrique

Projet de ligne de transport d’électricité Wataynikaneyap
17 communautés isolées autochtones dans le Nord-Ouest de l’Ontario
Population (2021) : 10 820
Situation : En cours pour réalisation en 2024

Les dernières étapes du projet de ligne de transport d’électricité Wataynikaneyap comprennent le raccordement de 16 autres communautés de Premières NationsNote de bas de page 11 du nord-ouest de l’Ontario. Celles-ci sont situées dans une vaste zone au nord de Pickle Lake et de Red Lake, la plupart ne disposant pas de routes praticables à l’année. En 2022, une ligne de 115 kilovolts (« kV ») d’une longueur de 300 km entre Dinorwic et Pickle Lake a été portée à 230 kVNote de bas de page 12.

En plus de fournir de l’énergie propre et fiable à partir du réseau à faible intensité en carbone de l’Ontario, le projet de transport Wataynikaneyap devrait permettre d’éliminer la consommation de 25 millions de litres de carburant diesel chaque année. En 2021, il a remporté le prix Clean50 du meilleur projet de l’annéeNote de bas de page 13. Sa réalisation complète est prévue pour le milieu de 2024.

Panneau solaire

Projet d’énergie solaire à Fort Severn
Fort Severn, Ontario (en anglais)
Population (2021) : 546
Situation : Réalisé en 2021

Fort Severn est la collectivité la plus au nord de l’Ontario, tout près de la baie d’Hudson. Une installation solaire d’une capacité de 300 kW devrait réduire la demande de diesel d’environ 20 %Note de bas de page 14 ou 400,000 litres par année. Les services de Hedgehog Technologies (en anglais) ont été retenus en qualité de gestionnaire de projet et le parc solaire appartient à la Première Nation de Fort Severn.

Panneau solaire et batterie

Microréseau énergétique Giizis
Gull Bay, Ontario (en anglais)
Population (2021) : 392
Situation : Réalisé en 2019

Gull Bay dépend du diesel et est située sur la rive ouest du lac Nipigon. Au début du XXe siècle, cinq barrages hydroélectriques ont été construits sur des cours d’eau de la région, sans consultation ni participation de la collectivité, qui n’a nullement bénéficié de cette électricité. En 2014, Ontario Power Generation (en anglais) (OPG) et Gull Bay ont conclu un règlement négocié dans un effort de Réconciliation. Le microréseau hybride solaire-diesel comprend des panneaux solaires d’une capacité de 360 kW avec batterie de 500 kWh. Il devrait permettre de répondre à 25 % de la demande autrement comblée par le dieselNote de bas de page 15, en éliminant ainsi 110,000 litres par année. Le projet a été élaboré conjointement par la Première Nation Kiashke Zaaging Anishinaabek/Gull Bay et OPGNote de bas de page 16.

Ligne électrique

Projet Animiki Ickote
Kitcisakik, Quebec
Population (2021) : 274
Situation : Réalisation prévue en 2025-2026

Kitcisakik est une petite collectivité de l’ouest du Québec adossée au réservoir Dozois. En l’absence de toute production centralisée, ses 400 résidents comptent sur de petites génératrices au diesel pour produire leur électricité. Animiki Ickote, deux mots anishinaabe qui signifient tonnerre et feu, est un projet devant permettre de relier la communautéNote de bas de page 17 au réseau électrique du Québec au moyen d’une ligne de 25 kV courant sur 70 km. C’est Hydro-Québec qui construira et exploitera cette ligne de transport. Des travaux supplémentaires seront effectués pour relier tous les foyers au nouveau réseau.

Canada Atlantique
Énergies renouvelables offshore et batterie

Microréseau d’énergie éolienne de Nain
Nain (Labrador)
Population (2021) : 1 125
Situation : Réalisation prévue en 2023

Nain est la collectivité la plus au nord du Labrador. Située sur la côte, la ville dépend du diesel pour le chauffage et l’électricité. Le gouvernement Nunatsiavut et Natural Forces Development Limited Partnership (en anglais) ont proposé la construction de deux éoliennes d’une capacité approximative de 1,8 à 2,3 MW avec réseau de batteries. L’objectif ambitieux du projet est de remplacer de 35 % à 50 % de la consommation annuelle de diesel pour l’électricitéNote de bas de page 18, ce qui équivaut à 1 million de litres. La construction devrait normalement commencer à l’été 2023.

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Programme de remplacement de poêles à bois à haut rendement énergétique
Nunatsiavut, Labrador (en anglais)
Population (2021) : 2 558
Situation : Réalisé en 2022

Le gouvernement Nunatsiavut a installé 240 poêles à bois à haut rendement énergétiqueNote de bas de page 19 afin de réduire la dépendance au diesel pour le chauffage des foyers dans cinq communautés côtières de son territoireNote de bas de page 20Note de bas de page 21, ce qui devrait permettre de remplacer environ 1,5 million de litres de carburant diesel par année.

Rôle du diesel dans les communautés isolées

Comme la plupart des communautés isolées sont éloignées des raffineries, le diesel doit être transporté sur de longues distances par camion sur des routes saisonnières (d’hiver/de glace), par bateau/barge en empruntant des voies navigables ou par avion. Les produits raffinésDéfinition* sont alors entreposés dans de grands réservoirs de stockage avant d’être livrés aux clients par camion.

Le diesel présente des avantages pour les communautés isolées. Il s’agit d’une source fiable non variableDéfinition* de chaleur et d’électricité dans des climats extrêmes. Le combustible est en outre facile à transporter et peut être stocké pendant de longues périodes.

Cependant, le diesel comporte aussi des désavantages. Il coûte cher et son transport est lui aussi onéreux, ce qui fait qu’il ouvre souvent droit à des subventions afin de le rendre abordable pour les résidents des communautés isoléesNote de bas de page 22. Le combustible est à l’origine d’émissions de carbone et de particules, ce qui entraîne des problèmes de qualité de l’air à l’échelle locale. Il peut aussi y avoir des fuites ou des déversementsNote de bas de page 23 pendant le transport ainsi qu’aux réservoirs de stockage et dans les foyers. Enfin, des génératrices vieillissantes peuvent aussi faire défautNote de bas de page 24Note de bas de page 25 au moment où elles seraient le plus utiles. En présence d’une seule source d’alimentation principale comme c’est fréquemment le cas, nul ne sait combien de temps une communauté isolée pourrait demeurer sans électricité en cas de panne.

Projets énergétiques à venir

De nombreuses communautés isolées autochtones et du Nord du Canada mettent en œuvre des projets visant à réduire, même à éliminer, leur dépendance au diesel pour répondre aux besoins en électricité ou en chauffage. Suit une liste de projets réalisés, en cours ou envisagés qui illustrent la diversité des solutions possibles en matière d’énergie propreNote de bas de page 26.

La liste de projets vise à fournir un échantillon représentatif des solutions, à la fois variées et uniques, visant à réduire la dépendance au diesel des communautés isolées autochtones et du Nord. Pour celles actuellement alimentées en électricité et chauffées au diesel, les options sont très limitées en vue de l’élimination complète de ce combustible, mais grâce au raccordement à un réseau et à la modernisation des bâtiments, certaines pourraient être en mesure de le faire. Cependant, les communautés très isolées pourraient devoir attendre des avancées technologiques, partenariats ou investissements avant de procéderNote de bas de page 27.

De plus en plus, les communautés autochtones assument la propriété et le contrôle de projets d’énergie renouvelable, ouvrant la voie à un avenir plus propreNote de bas de page 28Note de bas de page 29. Investir dans de telles solutions qui réduisent la dépendance au diesel aidera les collectivités isolées à améliorer leur sécurité énergétique et à contribuer, de façon modeste mais significative, à l’autodétermination et à la Réconciliation.

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