
Terry Rochefort a travaillé à l'ONÉ de 1995 à 2003. Le dernier poste qu'il a occupé était celui de chef de secteur, Produits; à ce titre, il était responsable de la production et des prévisions des ressources énergétiques ainsi que des permis d'exportation d'électricité et de gaz naturel. Terry est maintenant le directeur exécutif de l'Association canadienne des membres des tribunaux d'utilité publique (CAMPUT) et il se souvient de la restructuration de l'Office en 1997. C'était, selon lui, l'un des points tournants de sa carrière.
Quelle est l'expérience professionnelle à l'ONÉ que vous retenez le plus?
Je dirais que c'est d'avoir travaillé avec le nouveau comité exécutif lors de la restructuration de l'ONÉ en 1997. Comprenant dix groupes fonctionnels auparavant, l'Office a été restructuré en cinq secteurs. J'ai travaillé avec le nouveau comité exécutif pour déterminer comment on allait gérer l'organisation remodelée, comment les secteurs allaient dialoguer entre eux et quelle compréhension on allait avoir de l'organisation afin de pouvoir travailler ensemble. Avant la réorganisation, il y avait un groupe économique, un groupe technique, ainsi de suite. À présent, chacun des secteurs est multifonctionnel et a ses propres ingénieurs, économistes, etc. Autrement dit, il y a beaucoup de dialogue entre les secteurs et au sein de chacun d'eux.
Même si je suis quelqu'un qui aime les nouveaux défis, je dois admettre que c'était une période très déconcertante. Aucun de nous ne savait vraiment à quoi nous attendre. C'était comme monter quelque chose en théorie puis attendre et voir s'il fonctionne dans la pratique. Lorsque le nouveau comité exécutif a été formé vers la fin de 1996, on n'avait que six mois environ de planification et de dialogues concernant notre façon de fonctionner. Une fois les chefs de secteur choisis, on a rencontré le personnel et déterminé la façon dont le secteur allait fonctionner; en bref, on a déterminé les objectifs. Il fallait aligner tous les employés de l'Office sur l'un des secteurs. L'une des principales règles de fonctionnement était la prise de décision participative. Alors, on a demandé à tous les employés d'identifier le secteur où ils voulaient travailler.
Ce qui m'a frappé, c'est que le processus ressemblait au démarrage d'une nouvelle entreprise même si l'ONÉ existait déjà depuis près de 40 ans à l'époque. En fait, nous étions pratiquement retournés à la case départ en ce qui concernait notre façon d'administrer l'organisme. Nous avons créé une toute nouvelle organisation. À l'époque, on appelait cela une transformation.
Quel est votre plus beau souvenir à l'ONÉ?
Mon plus beau souvenir a rapport avec une campagne de Centraide vers la fin des années 90. Le comité exécutif de l'Office a décidé que chaque membre offrirait un prix quelconque pour un tirage. Gaétan Caron et moi avons découvert vers cette époque que nous aimions tous les deux jouer du rock et que nos goûts étaient très semblables malgré de nombreux débats au sujet des Beatles à leurs débuts par rapport à plus tard. Nous avons donc offert comme prix de jouer tous les deux à un concert de rock improvisé. Les gens à l'ONÉ ont acheté des billets pour le tirage.
Je pense que six ou huit gagnants ont assisté à notre concert. C'était merveilleux. On a joué dans mon sous-sol. J'ai redécouvert ce que c'était de jouer à la guitare, chose que je n'avais pas faite depuis des années. Tout s'est passé comme il fallait – on n'aurait pas pu mieux planifier la soirée. Chose étrange aussi, la plupart des gens pouvaient jouer quelque chose et même ceux qui ne jouaient aucun instrument ont participé d'une manière ou d'une autre. C'était le début de quelque chose d'encore plus intéressant parce que Gaétan et moi, nous avons continué à jouer avec des groupes dans des activités de Centraide et d'autres événements, y compris lors des petits déjeuners de Stampede et une activité sociale de l'ONÉ un hiver. Même si je vis dans une autre province maintenant, nous trouverons une occasion de jouer ensemble à l'avenir.
Parmi les projets sur lesquels vous avez oeuvré, lequel a eu le plus de répercussions pour la population canadienne?
Lorsqu'on parle de ressources ou d'études énergétiques, il est difficile de savoir si elles ont eu ou non des incidences sur le quotidien des Canadiens. Mais à bien y penser, je pense que la qualité des travaux effectués par le Secteur des produits a été excellente. À l'époque, nous avons dit des choses qui se sont confirmées depuis. En ce temps-là, nous avons parlé des réserves de gaz naturel qui étaient disponibles et du fait que tout le gaz facile à produire avait pratiquement été découvert. Nous avons suggéré qu'il fallait revoir attentivement les ressources disponibles. Autour de la même période, il y a eu un mouvement surnommé « la ruée vers le gaz » (ou « dash for gas »). Les soi-disant experts déclaraient qu'on avait plein de gaz et qu'on devait convaincre les gens d'utiliser du carburant plus propre, c'est-à-dire du gaz naturel. En tout cas, je pense qu'on fournissait des renseignements pertinents et utiles à l'époque, et la valeur des renseignements que le groupe diffusait est encore évidente maintenant.
Le Canada accorde beaucoup d'intérêt à ses ressources naturelles et je pense qu'il est important pour tous les Canadiens de savoir ou de comprendre la valeur de ces ressources et le potentiel de leur durabilité.
Lequel ou laquelle de vos collègues à l'ONÉ a eu le plus d'influence sur vous?
Gaétan Caron. Quand j'y repense, de toutes les personnes avec qui j'ai travaillé, il est probablement le plus visionnaire. Il sait exactement où il veut emmener l'organisme et il incite les gens à faire le chemin avec lui. À mon avis, Gaétan a apporté des changements profonds à l'ONÉ. Si l'on demande aux gens de l'ONÉ de dire quels sont les objectifs et la vision de l'organisme, je suis sûr que la plupart d'entre eux en seraient capables. Je doute qu'on puisse avoir le même résultat dans beaucoup d'autres organisations.
Auriez-vous quelque chose à dire au personnel de l'ONÉ?
C'est plutôt difficile puisque cela fait six ans maintenant que je ne suis plus avec l'Office. Par contre, je dirais que c'est très facile d'être pris dans ce qu'on fait à un moment donné mais je pense qu'il est important pour toute personne dans une organisation, en particulier à l'ONÉ, d'aimer ce que l'organisation offre car dans mon expérience, c'est unique comme milieu de travail. On ne le réalise peut-être pas tant qu'on n'est pas parti.
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