
Roland George s'est joint à l'ONÉ en août 2006 avec quatre autres nouveaux membres de l'Office. Il est entré en fonction avec 25 années d'expérience accumulées dans le secteur privé, notamment auprès d'un cabinet international de consultants en énergie, de l'Institut canadien de recherche énergétique et de Gaz Métropolitain. En tant que membre de l'Office, Roland est chargé de trouver un équilibre entre les intérêts économiques, environnementaux et sociaux, sur lequel reposent toutes décisions rendues par l'ONÉ à l'égard des projets énergétiques proposés. Quand il s'est joint à l'Office, il était à un point de sa carrière où il voulait servir l'intérêt public en mettant ses années d'expérience au profit du processus de réglementation.
Quelle est l'expérience professionnelle à l'ONÉ que vous retenez le plus?
Le jour où je suis entré en fonction, je peux dire que j'ai sauté dedans à pieds joints car j'ai immédiatement siégé au comité d'audience chargé d'examiner la demande déposée en février 2006 par Trans Mountain concernant le projet de doublement d'ancrage. C'était une affectation intéressante et exigeante puisque le pipeline proposé allait traverser le parc national Jasper et le parc provincial Mont Robson. On a dû prendre en compte la complexité des effets environnementaux et socioéconomiques de l'installation. Ce dont je me souviens le plus, c'est le talent et l'expertise que mes collègues ont démontrés à l'audience - leur aptitude à discuter de tous les aspects du projet et à adopter une approche unifiée malgré des antécédents et des points de vue très différents. J'ai encore sur mon mur la page couverture des « Motifs de décision », signée par les membres du comité et de l'équipe.
Quel est le plus beau souvenir que vous avez de votre poste à l'ONÉ?
À vrai dire, c'est l'expérience d'apprentissage que je ne cesse d'acquérir et le fait de travailler sur des situations difficiles où il faut faire avec des renseignements imparfaits et des risques qui doivent être atténués. C'est également stimulant de travailler avec des gens intelligents et bien éduqués qui s'efforcent de trouver un équilibre qui est dans l'intérêt de tous les Canadiens.
Parmi les projets sur lesquels vous avez oeuvré, lequel a eu le plus de répercussions pour la population canadienne?
En février 2009, nous avons rendu la décision de réglementer le réseau de l'Alberta de TransCanada. Il s'agit d'un réseau constitué d'environ 23 500 km de canalisations et d'installations connexes, toutes situées en Alberta. Même si le pipeline ne traverse pas la frontière provinciale, nous avons décidé que le système est du ressort de l'ONÉ puisqu'il fait partie du vaste réseau de TransCanada, qui est sous réglementation fédérale. Cette décision historique a augmenté la longueur des pipelines réglementés par l'ONÉ de 50 %.
Une autre décision qui peut s'avérer significative pourrait changer la façon de calculer le coût total du capital des sociétés que nous réglementons. Pendant les 14 dernières années, le coût du capital a été déterminé à l'aide d'une formule. À la suite d'une demande déposée par Gazoduc Trans Québec & Maritimes Inc. (TQM), nous avons rendu une décision qui s'écarte de cette méthodologie, en ce qui concerne TQM en 2007 et 2008, et qui reconnaît les changements que l'économie a connus au cours des années. Il est trop tôt pour dire si cette décision, qui a été rendue spécialement pour TQM, s'appliquera aux autres sociétés réglementées. Depuis en tout cas, l'Office a abandonné son approche stéréotypée.
L'Office a également créé une nouvelle manière de travailler avec les propriétaires fonciers qui sont touchés par les installations construites sur leur terre. Pendant des années, comme nous n'avons pas vu beaucoup d'intervention de la part des propriétaires fonciers, nous avons pensé que tout allait bien en général. Il y a quelques années, nous avons lancé un nouveau programme de relations communautaires et lorsque les employés ont rencontré des parties intéressées, l'Office a commencé à réaliser que les propriétaires fonciers n'étaient pas nécessairement conscients de leurs droits. Alors en 2007, nous avons lancé l'Initiative de consultation relative aux questions foncières avec les propriétaires fonciers. Grâce à ce processus, nous avons été en mesure de cerner les problèmes et de proposer des remèdes.
Je crois que ce processus de consultation est extrêmement important parce que l'un des pouvoirs les plus significatifs de l'Office est sa capacité d'exproprier des droits fonciers. Nous prenons ce pouvoir très au sérieux et nous nous efforçons d'assurer que de telles décisions sont toujours prises dans l'intérêt public tout en minimisant, dans la mesure du possible, l'incidence sur les personnes qui sont touchées directement.
Lequel ou laquelle de vos collègues à l'ONÉ a eu le plus d'influence sur vous?
Gaétan Caron est probablement la personne qui m'a influencé le plus. Il s'est élevé dans la hiérarchie pour devenir président. Il a débuté en tant qu'ingénieur et au cours de ses 29 années de service, il a été promu chef des opérations, membre de l'Office, vice-président et maintenant, il est président. Il comprend vraiment la raison d'être et l'histoire de l'Office et, comme nous tous, il est très dévoué à la fonction publique et il s'assure que l'Office rend des décisions dans l'intérêt du public.
Auriez-vous quelque chose à dire au personnel de l'ONÉ?
Je ne pourrais pas faire mon travail sans eux. C'est un plaisir et une inspiration de travailler avec des gens aussi dévoués et professionnels.
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