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Mona Butler

Mona ButlerMona Butler a été à l'emploi de l'Office pendant 27 ans, de 1981 à 2008. En tant qu'agente de réglementation, dernier poste qu'elle a occupé avant son départ à la retraite, elle avait pour tâche de coordonner de nombreuses fonctions associées au processus d'audience de l'Office, notamment la correspondance, la documentation, la préparation des lieux, la preuve, la tenue de l'audience et la publication de la décision. Selon elle, les points saillants de sa carrière sont ses séjours dans le Nord et la satisfaction tirée de son travail au sein de l'équipe de la réglementation.

Quelle est l'expérience professionnelle à l'ONÉ que vous retenez le plus?

Le projet gazier Mackenzie. Nous avons dû voyager beaucoup, à la grandeur des Territoires du Nord-Ouest, et tenir des séances d'audience dans les différentes collectivités susceptibles d'être affectées par le gazoduc. Dans le Nord, l'éloignement et la distance entre les collectivités exigent davantage de coordination. Nous nous sommes rendus à Fort Simpson, Wrigley, Tulita, Inuvik,... enfin bref, des localités le long du fleuve Mackenzie.

Nous avons aussi collaboré avec un autre organisme dans le Nord : le Secrétariat du projet de gaz du Nord. Le personnel du Secrétariat a rencontré les groupes autochtones pouvant être touchés par le gazoduc et nous a aidés à préparer les salles dans les diverses localités. Le Secrétariat nous a également donné un coup de main pour la coordination du processus d'examen environnemental, qui a été mené par un autre comité.

Ce sont les commentaires du public susceptible d'être affecté par le gazoduc qui m'ont particulièrement touchée. Des gens très intéressants ‑ des Autochtones et leur chef, ainsi que d'autres membres du public ‑ ont fait part de leur point de vue pendant les exposés oraux. Il en est ressorti que les gens étaient surtout préoccupés par l'environnement et les répercussions du projet sur leur collectivité. Les séances d'audience ont donné l'occasion au public d'exprimer ses préoccupations. Toutes les observations ont été consignées par écrit et l'Office en tiendra compte au moment de rendre une décision.

J'ai trouvé très émouvant d'entendre l'opinion, favorable ou non, des gens sur le projet. Ils voulaient s'assurer que allions tenir compte de leurs préoccupations quant à l'impact du gazoduc sur leur collectivité. Je suis heureuse d'avoir pris part au processus.

Quel est votre plus beau souvenir à l'ONÉ?

Chaque année, le personnel de l'Office organise un karaoke afin de recueillir des fonds pour Centraide. Ainsi, pendant une heure le jour désigné, divers groupes « montent sur scène » pour chanter le karaoke. J'ai toujours hâte à cet événement et, au fil des ans, j'ai chanté avec différents groupes. Une année, l'équipe du projet gazier Mackenzie a chanté une version adaptée de « I've been everywhere, man ». Nous avions modifié les paroles de manière à nommer les collectivités du Nord où nous nous étions rendus. Nous l'avions intitulée « We've been everywhere ». Nous nous sommes bien amusés.

Certaines personnes chantent très bien le rock and roll. Chacune a son genre et toutes sont amusantes à entendre. C'est agréable de découvrir certaines autres facettes de nos collègues. Les gens ont toutes sortes de talents, souvent insoupçonnés. C'est surprenant.

De tous les projets sur lesquels vous avez travaillé, lequel a eu les répercussions les plus importantes sur les Canadiens?

En 2001, j'ai été désignée pour travailler à la demande portant sur le projet Sumas. L'État de Washington avait déposé une demande visant la construction d'une ligne de transport d'électricité d'Abbotsford, en Colombie-Britannique, jusqu'à un point dans l'État de Washington. La demande a déclenché un tollé. Des centaines de personnes nous ont téléphoné, l'Office a reçu 25 000 lettres de commentaires et plus de 400 personnes ont obtenu le statut d'intervenant à l'audience. Nous avons organisé plusieurs séances d'information et coordonné plus de 1 700 pièces pour l'audience. Il y avait une montagne de papiers administratifs et un va-et-vient important de documents.

Ce sont les questions liées à l'environnement qui préoccupaient le plus les gens, parce que la centrale électrique qui devait être construite dans l'État de Washington le serait tout près de la frontière. La centrale risquait ainsi de produire plus de pollution dans la vallée du Fraser. L'Office a rejeté la demande.

Je dirais que cette décision a eu un grand impact sur les Canadiens du sud-est de la Colombie-Britannique. En effet, la plupart des projets importants sont approuvés, même si des conditions sont imposées. Le projet Sumas fait partie des quelques projets qui ont été rejetés.

Lequel ou laquelle de vos collègues à l'ONÉ a eu le plus d'influence sur vous?

Dave Walker et Gord Daw, deux agents de projet avec lesquels j'ai beaucoup travaillé. Ils sont tous deux très serviables et ont le talent de prendre les choses comme elles viennent. J'ajouterais que tous mes collègues agents de réglementation ont eu une influence sur moi et m'ont aidée, tout particulièrement Louise Niro, Jane Morales et Erin Dutcher.

Nous avions une équipe solide, dont les membres s'entendaient bien et n'hésitaient pas à faire part de leurs idées ou de leurs solutions aux problèmes. Vous savez, une audience peut réserver bien des surprises. Nous avons dû réfléchir rapidement à quelques reprises pour trouver des solutions à des problèmes particuliers. Certes, nous avions les dispositions de la Loi sur l'Office national de l'énergie pour nous guider, mais nous devions tenir compte de l'opinion publique.

Pendant vos années de service à l'ONÉ, y a-t-il une chose qui a eu un impact sur votre carrière?

Je me trouvais à Inuvik en 2006, lorsque les séances d'audience sur le projet Mackenzie ont débuté. À l'époque, je m'intéressais beaucoup à la photographie. Nous nous sommes rendus à une église d'Inuvik communément appelée « église Igloo ». Je l'ai prise en photo. À mon retour, mon mari a suggéré que j'envoie la photo au cahier voyages du Calgary Sun. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit publiée, mais elle l'a été. Bien que je n'aie pas été rémunérée, j'étais heureuse qu'on reconnaisse mon talent.

Depuis ma retraite, j'ai entrepris une deuxième carrière : photographe professionnelle. Je travaille à temps partiel à prendre des photos de tous genres, dont des portraits.

Auriez-vous quelque chose à dire au personnel de l'ONÉ?

Je pense que lorsqu'on travaille avec le public, il est important d'être à l'écoute de ce que les gens ont à dire. On pense souvent que notre travail ne changera rien, mais qui sait où les choses peuvent nous mener. On ne sait jamais quelle aventure nous attend au détour d'un chemin. Gardez l'esprit ouvert et poursuivez vos rêves!

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Date de modification :
2011-10-26