
Michel L. Mantha, ancien secrétaire de l'Office, a pris sa retraite en avril 2007 au terme de 35 ans de service. Au début de sa carrière, Michel se consacrait aux études socioéconomiques d'initiatives telles le Projet pilote de l'Arctique et le Raccourci North Bay, pour ensuite passer à la réglementation financière, plus précisément la méthodologie des demandes tarifaires. En mars 2009, Michel a accepté de revenir à l'Office provisoirement à titre de conseiller auprès du président. Chargé de la supervision des fêtes du 50e anniversaire de l'ONÉ, il est à l'aise dans le travail d'équipe et il a le souci d'obtenir des résultats. De plus, il apprécie les défis et opportunités que l'ONÉ lui a présentés ainsi que les collègues qu'il y a côtoyés.
Quelle est l'expérience professionnelle à l'ONÉ que vous retenez le plus?
Lorsque l'Office a déménagé à Calgary en 1991, j'étais conseiller au sein de la direction de la réglementation financière dans la division R. À ce titre, j'étais chargé des demandes concernant les taux de rendement et droits et des recherches sur les droits incitatifs qui à la longue ont servi de fondement à la formule d'établissement du taux de rendement que l'on utilise encore aujourd'hui.
Une de mes expériences les plus mémorables concerne l'instance sur les droits RH-4-92 visant TQM (Trans Québec & Maritimes), dont j'étais gestionnaire de projet.
Toutes les demandes tarifaires avaient été reportées d'un an pour que le déménagement à Calgary se fasse en douceur. Cette période de transition a été utile parce que nombre d'employés avaient quitté l'Office et que l'effectif francophone avait considérablement diminué. La demande de TQM a été déposée en août 1992. En tant que gestionnaire de projet, je m'étais donné comme objectif de produire les Motifs de décision avant la fin de l'année civile.
J'étais entouré d'excellents coéquipiers. Je leur ai dit que pour atteindre notre but, il fallait commencer à éplucher les éléments de preuve, qui étaient volumineux, et rédiger toute l'information contextuelle avant l'audience. Nous n'aurions qu'à mettre l'information à jour pendant l'audience, puis dès que cette dernière serait terminée, rencontrer les membres du comité et terminer la rédaction des Motifs pendant que tout était frais à notre mémoire.
L'audience a eu lieu à Montréal en décembre. J'ai commencé la rédaction finale dans l'avion qui nous ramenait à Calgary, en compagnie de Jean Morel, un des avocats de l'Office à l'époque. Nous sommes arrivés à destination tard le vendredi et, le mardi suivant, une réunion du groupe de travail a eu lieu avec les membres du comité pour passer en revue les Motifs, dans les deux langues officielles. Le comité a revu l'ébauche et déterminé qu'il n'y avait aucun changement à apporter. C'était assez inhabituel. Le jeudi de la même semaine, l'Office approuvait le document et il était publié la semaine suivante.
C'est un record pour l'Office car le traitement des demandes tarifaires peut prendre parfois deux ans. Je dois dire que nous avons réussi uniquement grâce à un travail d'équipe et un effort de collaboration exemplaires.Quel est votre plus beau souvenir à l'ONÉ?
J'en ai tellement. Et ce sont tous de bons souvenirs. C'était toujours un plaisir pour moi que de me rendre au bureau et de traiter les différents dossiers qui se présentaient. J'ai le souci d'obtenir des résultats et j'aime travailler en équip.
Lequel ou laquelle de vos collègues à l'ONÉ a eu le plus d'influence sur vous?
Gaétan Caron, Ken Vollman et Roland Priddle, tous des présidents de l'Office, ont été d'excellents mentors.
Parmi les projets sur lesquels vous avez œuvré, lequel a eu le plus de répercussions pour la population canadienne?
Lorsque je suis déménagé à Calgary, j'étais conseiller par intérim au sein de la direction de la réglementation financière. Depuis un certain temps, j'étudiais ce qui se passait dans le domaine des droits et de la réglementation incitative aux États-Unis et en Angleterre. Après avoir examiné toute la preuve qui avait été recueillie à propos du taux de rendement dans les plus récentes demandes tarifaires, une chose sautait aux yeux. Les entreprises retenaient les services de spécialistes pour témoigner en faveur du taux de rendement du capital-actions qu'elles sollicitaient. Ces demandes tarifaires coûtaient des millions de dollars aux sociétés réglementées par l'Office. Je me souviens d'avoir eu une discussion à bâtons rompus avec Ken Vollman, qui était alors vice-président, et le président Roland Priddle. Je leur ai mentionné que tous les éléments de preuve sur le taux de rendement du capital-actions déposés par toutes les sociétés du Groupe 1 étaient pratiquement identiques - les seules différences étant le nom de l'entreprise et leur ratio réputé du risque par rapport au capital-actions. Ce commentaire a mené à l'élaboration de la formule générique sur le taux de rendement encore en vigueur de nos jours.
La diminution du nombre de demandes tarifaires qui a suivi a permis au public d'économiser beaucoup d'argent. Un grand nombre de sociétés ont pu conclure des règlements à l'amiable sur les droits par la suite. La tâche de l'Office et des sociétés en a été passablement réduite, sans compter les économies réalisées sur les frais nécessaires pour traiter les demandes tarifaires.
Auriez-vous quelque chose à dire au personnel de l'ONÉ?
Je vois beaucoup de nouveaux visages. Je crois qu'il y a de très belles possibilités de carrière pour les jeunes qui veulent réussir. J'en suis un bon exemple - j'ai commencé à titre d'économiste et chef de la gestion des données sur l'offre et la demande au sein de la direction économique, et pris ma retraite en tant que secrétaire de l'Office.
L'Office est vraiment un excellent employeur. Aux jeunes, je dis n'ayez pas peur de prendre des risques et d'innover. Il y a toujours des occasions de progresser et d'améliorer les choses.
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