
Bonnie Gray-Wallace a travaillé à l'Office de 1998 à 2006. À titre de spécialiste en chef des stratégies pour le Nord, son dernier poste à l'ONÉ, Bonnie conseillait l'Office sur les questions environnementales, autochtones et réglementaires liées aux enjeux énergétiques auxquels le Nord canadien fait face. Parce qu'elle connaissait bien ce milieu social et culturel, elle a aidé à faciliter le retour de l'Office dans le Nord en 2000; il y avait alors un intérêt croissant pour les pipelines de l'Alaska et de la vallée du Mackenzie. Bonnie parle avec enthousiasme des expériences qu'elle a vécues dans le Nord et des possibilités qu'offre la région, possibilités qui n'ont pas encore été saisies complètement.
Quelle est l'expérience professionnelle à l'ONÉ que vous retenez le plus?
L'occasion d'aider l'Office à se faire à nouveau présent dans le Nord m'a été extrêmement précieuse. J'ai eu la chance de pouvoir travailler en compagnie de Ken Vollman et Gaétan Caron. Gaétan n'était pas familier avec le Nord et j'ai pu lui faire connaître le contexte dans lequel nous devions évoluer.
L'Office n'avait pas exercé d'activités dans la région depuis l'audience tenue en 1989. Le secteur des hydrocarbures avait été très peu actif depuis ce moment-là. De 1989 à 2000, certaines revendications territoriales ont été réglées et une nouvelle loi sur l'évaluation environnementale a été promulguée pour la vallée du Mackenzie. Ces deux événements se sont traduits par la création de plusieurs organismes nordiques avec lesquels l'ONÉ serait obligé de travailler lorsque des projets verraient le jour.
Une de mes fonctions consistait à comprendre les effets que les nouvelles lois sur l'évaluation environnementale auraient sur les travaux de l'Office, ainsi qu'à aider l'Office à comprendre ces lois et à déterminer de quelle manière il collaborerait avec nos partenaires du Nord. Ken et Gaétan ont été des guides précieux à cet égard. Ils voulaient que l'Office soit un partenaire de ces organismes et non un organisme fédéral dominant du Sud. Ayant déjà travaillé dans le Nord, je connaissais des gens à Yellowknife et Whitehorse que j'ai pu leur présenter.
Quel est votre plus beau souvenir à l'ONÉ?
Le jour où je me suis installée au bar de l'hôtel Finto, à Inuvik, pour rédiger le communiqué annonçant la signature par toutes les parties du plan de coopération pour le projet gazier Mackenzie. Après avoir rédigé le communiqué en anglais, j'ai tendu mon ordinateur à Gaétan. Il a traduit en français la version anglaise sur laquelle nous nous étions tous entendus de sorte que le communiqué était prêt pour diffusion dans les deux langues dès le lendemain matin.
L'enthousiasme de Gaétan était manifeste tout comme son désir de profiter de cette occasion unique et de prendre le taureau par les cornes avec les partenaires de l'Office. Je pense que cette attitude se reflète dans bon nombre des projets qu'il entreprend.
Parmi les projets sur lesquels vous avez œuvré, lequel a eu le plus de répercussions pour la population canadienne?
Le projet gazier Mackenzie est un des plus importants auxquels il m'a été donné de me consacrer à l'ONÉ. Malheureusement, il n'avance pas aussi rapidement que nous l'avions espéré. Ce projet a le potentiel de changer bien des choses dans le Nord – de donner aux gens, pour qui de telles occasions sont rares, la possibilité d'exceller et de pourvoir à l'éducation et à la vie professionnelle de leurs enfants. À mon avis, c'est ce qui est en jeu pour le Nord et pour le projet gazier Mackenzie.
Les chefs des communautés autochtones n'ont pas la tâche facile. Ils doivent concilier les opinions, aspirations et souvenirs de leurs collectivités. Il est certain qu'ils veulent préserver leurs traditions, mais ils doivent en même temps assurer l'avenir de leurs enfants, deux choses qui sont souvent incompatibles.
Lequel ou laquelle de vos collègues à l'ONÉ a eu le plus d'influence sur vous?
Gaétan Caron et Ken Vollman. Ken était devenu maître dans l'art de créer des partenariats dans le Nord et ses efforts ont permis à l'Office d'être respecté par des gens qui ne nous connaissaient pas auparavant. Gaétan a le même talent. Il sait faire partager son enthousiasme. Il a toujours su inspirer les gens en leur faisant comprendre l'importance de leur travail et ce, dans le contexte de l'intérêt de la population canadienne.
Au cours de vos années passées à l'ONÉ, y a-t-il eu des éléments qui ont influé sur votre carrière?
L'occasion que l'Office m'a donnée de me concentrer sur le Nord a été très importante. J'ai pu me consacrer à des fonctions extrêmement intéressantes et très valorisantes. Il est souvent plus facile de bien faire quand c'est une tâche que l'on aime, et j'ai toujours dit que j'avais le meilleur emploi à l'ONÉ.
Auriez-vous quelque chose à dire au personnel de l'ONÉ?
J'encourage tous les employés à dépasser leurs limites - à nouer des liens professionnels avec leurs pairs d'autres organismes, des groupes de défense de l'intérêt public et des sociétés réglementées. L'apprentissage permanent et la diversification de l'expérience sont essentiels au perfectionnement personnel. Élargir leur réseau de contacts et comprendre autrui leur seront très utile tout au long de leur carrière.
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