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L'exportation de gaz naturel canadien - Enjeux et opportunités

Gaétan Caron
Membre
Office national de l'énergie

Forum sur le gaz naturel
Montréal, QC

10 mars 2005

L'exportation de gaz naturel canadien - Enjeux et opportunités

Les responsabilités de l'Office

Les responsabilités de l'Office

L'Office national de l'énergie (l'Office) est un organisme fédéral indépendant créé en 1959 pour réglementer certains aspects du secteur énergétique, soit :

  • la construction et l'exploitation des pipelines interprovinciaux et internationaux, y compris les droits et les tarifs de transport pipelinier;
  • la construction et l'exploitation des lignes internationales de transport d'électricité;
  • l'exportation et l'importation de gaz naturel;
  • l'exportation de pétrole et d'électricité;
  • les activités pétrolières et gazières dans les régions pionnières.

L'Office est responsable de la réglementation des installations, des activités pétrolières et gazières dans les régions pionnières et du commerce international de l'énergie, mais il joue aussi un rôle important de surveillance des marchés énergétiques et d'information sur le fonctionnement de ces marchés à l'intention de la population canadienne. De sa propre initiative ou à la demande du ministre, l'Office agit également à titre d'expert auprès du ministère des Ressources naturelles sur des questions énergétiques relevant de sa compétence. Il mène des études et produit des rapports sur des enjeux énergétiques particuliers, et surveille l'offre des principaux produits énergétiques de base au Canada en analysant les approvisionnements actuels et futurs.

L'exposé d'aujourd'hui porte surtout sur l'exportation de gaz naturel, le rôle de réglementation de l'Office dans ce domaine ainsi que leurs répercussions éventuelles, pour le Québec et le Canada, en termes d'enjeux et d'opportunités.

Aperçu

Aperçu

Nous aborderons quatre points principaux :

  • Une mise en contexte de haut niveau de la production et de la consommation du gaz naturel au Canada
  • Les antécédents et le contexte de l'exportation de gaz naturel vers les États-Unis
  • La politique et la réglementation pertinentes en matière d'énergie qui déterminent les règles de l'exportation de gaz naturel et d'énergie, et comment l'Office réglemente l'exportation de gaz naturel canadien
  • Et enfin, l'environnement dans lequel nous pourrions nous retrouver dans les années à venir, les conséquences éventuelles sur les exportations ainsi que les enjeux et opportunités qui pourraient en découler pour le Québec et le Canada.

L'offre de gaz en Amérique du Nord

L'offre de gaz en Amérique du Nord

Commençons par un aperçu de l'offre de gaz (estimative en 2004).

Voici comment se présente, en gros, l'offre de gaz naturel en Amérique du Nord. Un point de vue continental convient tout à fait puisque le gaz est transigé librement sur l'ensemble du continent dans un marché fortement intégré.

Observations :

L'offre de gaz naturel canadien s'élève à environ 17 Gpi3/j, dont la majorité provient de l'Ouest canadien. En fait, le bassin sédimentaire de l'Ouest canadien (le BSOC) représente un peu plus de 20 % de la production nord-américaine.

À peu près 0,4 Gpi3/j du volume global vient des zones extracôtières de l'Est du Canada et quelque 50,5 Gpi3/j des 48 États continentaux américains.

L'Amérique du Nord produit un total d'environ 70 Gpi3/j de gaz, auquel s'ajoute le gaz importé sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) pour répondre aux besoins du continent. L'an dernier, l'Amérique du Nord a importé en moyenne environ 1,7 Gpi3/j de GNL (et plus de 2 Gpi3/j certains mois).

Schéma simplifié des flux du gaz en Amérique du Nord

Schéma simplifié des flux du gaz en Amérique du Nord

Cette diapo donne un aperçu de la répartition de la consommation.

On constate que le Canada produit plus de gaz qu'il n'en consomme (de 7,5 à 8 Gpi3/j), ce qui permet d'exporter un peu plus de la moitié de sa production vers les marchés américains.

Nous sommes le seul pays exportateur net de gaz sur le continent.

Les États-Unis sont de loin le plus grand consommateur de gaz naturel, et il importe du Canada environ 15 % de la quantité dont il a besoin. Deux pour cent de ses approvisionnements sont importés sous forme de GNL depuis Trinité-et-Tobago, l'Algérie, l'Australie et le Qatar.

Le Mexique est importateur net et s'approvisionne auprès des États-Unis, où il se procure environ 1 Gpi3/j de gaz naturel.

Le réseau de transport gazier nord-américain

Le réseau de transport gazier nord-américain

Les exportations et le commerce du gaz naturel s'effectuent par l'intermédiaire d'un vaste réseau pipelinier continental.

  • Les acheteurs peuvent ainsi se procurer du gaz naturel, et le faire transporter, depuis d'autres régions.
  • L'efficience du réseau de carrefours commerciaux et de gazoducs assure la cohérence du prix du gaz naturel dans toute l'Amérique du Nord. Dans des conditions normales, le prix obéit aux tendances de manière semblable d'une région à l'autre, sauf pour les écarts attribuables au coût du transport et aux variations locales de l'offre et la demande, découlant par exemple des conditions météorologiques, des facteurs d'exploitation des gazoducs ou des limites de capacité.

Les principaux carrefours de commerce du gaz au Canada sont les suivants :

  • AECO-C en Alberta (province qui produit le plus de gaz naturel au Canada)
  • Carrefour Henry ou NYMEX en Louisiane (comme l'indique la diapo précédente, la côte du golfe du Mexique est la plus grande région productrice en Amérique du Nord)
  • Certains carrefours de moindre envergure (mais quand même importants pour les marchés canadiens), soit :
    • Dawn (surtout pour les marchés de l'Ontario et du Québec)
    • Sumas/Huntingdon (pour la Colombie-Britannique)

Les prix du gaz en Amérique du Nord

Les prix du gaz en Amérique du Nord

Le marché nord-américain est fortement intégré et les prix régionaux suivent de près les principaux indices. Il est évidemment normal qu'il y ait des écarts, que ce soit en raison de variations du coût du transport selon l'endroit, de différences au niveau de l'offre et la demande régionales, qui peuvent être causées par des périodes de mauvais temps, des perturbations de la production ou de l'exploitation des gazoducs, de goulots d'étranglement de la capacité et des volumes transigés.

Vous remarquerez dans cette diapo la hausse relative du prix et sa plus grande instabilité ces dernières années. Cela dénote la nature de ce commerce et de l'évolution de l'équilibre de l'offre et la demande de gaz naturel dans le marché nord-américain. Comme cet équilibre demeure serré, non seulement le prix est plus élevé que durant les périodes où l'offre est plus abondante, mais il réagit davantage aux changements qui surviennent soit dans l'offre, soit dans la demande - notamment en raison des conditions météorologiques, de l'adoption brusque de combustibles de remplacement tels le pétrole brut, ou l'impact des gazoducs ou autres installations.

L'utilisation du gaz naturel canadien

L'utilisation du gaz naturel canadien

En 2004, environ 53 % du gaz canadien était destiné aux marchés d'exportation, tandis que le Canada en consommait 46 %.

La ligne du haut représente le gaz dont les utilisateurs ultimes disposent. Les exportations sont clairement démarquées dans la section orangée du graphique.

Après la déréglementation survenue vers le milieu des années 80, la production de gaz s'est accrue rapidement, c'est-à-dire de presque 10 Gpi3/j au tournant du siècle. Le BSOC répondait alors à presque toute la demande additionnelle aux États-Unis. Comme la production à partir du BSOC semble plafonner cependant, il sera plus difficile de continuer à répondre aux augmentations de la demande sur les marchés intérieurs et d'exportation.

Les exportations d'énergie réglementées par l'Office

Les exportations d'énergie réglementées par l'Office

Les exportations de gaz naturel sont importantes pour le Canada, que l'on pense par exemple aux emplois et investissements en équipement dans les secteurs de la production, du transport et de la distribution du gaz, mais aussi aux revenus qui découlent de la vente de gaz.

En 2004, au Canada, les exportations de gaz naturel ont représenté un plus fort pourcentage de revenus que toute autre ressource énergétique. Les exportations de gaz ont rapporté plus de 26 milliards de dollars. Si l'on tient compte des importations d'une valeur de 3 milliards dans le sud de l'Ontario, on obtient des produits nets à l'exportation de l'ordre de 23 milliards de dollars.

Toujours en 2004, les exportations de pétrole et de ses dérivés ont rapporté des revenus bruts de 26 milliards et 5,8 milliards de dollars respectivement. Les revenus à l'exportation d'électricité se sont élevés à environ 1,8 milliard, soit une balance nette de 0,7 milliard après déduction des importations.

Voici quelques données comparatives publiées par Statistique Canada :

  • Valeur totale des exportations canadiennes en 2003, environ 400 milliards de dollars (dont 330 milliards attribuables au commerce avec les États-Unis).
  • Valeur totale de toutes les importations canadiennes en 2003, environ 342 milliards de dollars (dont 240 milliards attribuables au commerce avec les États-Unis).
  • Le Canada a enregistré un excédent de 58 milliards au titre de sa balance commerciale.
  • Les échanges commerciaux avec les États-Unis se sont élevés à près de 91 milliards.

Ces chiffres permettent de constater que les exportations d'énergie constituent une composante majeure du commerce canadien et que les exportations de gaz naturel correspondent à environ un quart de nos échanges commerciaux avec les États-Unis.

Les scénarios de l'Office sur la demande de gaz naturel au Canada

Les scénarios de l'Office sur la demande de gaz naturel au Canada

Voyons maintenant ce que l'avenir pourrait nous réserver. Voici un scénario plausible de croissance de la demande pour le gaz naturel canadien. Il est extrait d'un rapport de l'Office publié en 2003 intitulé L'avenir énergétique du Canada : Scénarios sur l'offre et la demande jusqu'à 2025.

Ce rapport traite des forces vives qui influent sur l'environnement énergétique du Canada, ainsi que des incertitudes et enjeux auxquels on peut s'attendre de marchés énergétiques hautement concurrentiels et en pleine évolution.

Comme vous pouvez le constater, on prévoit que la demande de gaz naturel continuera de croître, parce qu'il est moins polluant d'une part et d'autre part, qu'il offre un rendement élevé tant pour le chauffage des locaux que pour la production d'électricité.

Je vous ferai remarquer en passant que l'organisme américain Energy Information Administration projette une croissance similaire de la consommation aux États-Unis durant la même période.

La production de gaz naturel au Canada

La production de gaz naturel au Canada

Bien que le BSOC ait répondu à la plus grande partie de la demande additionnelle (~75 %) sur les marchés d'exportation au cours des deux dernières décennies, la production donne des signes de plafonnement et il pourrait devenir plus difficile pour ce bassin de satisfaire tous les besoins additionnels du continent.

Une comparaison de la demande projetée avec les perspectives de la production canadienne permet de dégager les observations suivantes :

  • Pour répondre à la demande de gaz au Canada et sur les marchés d'exportation, il faudra combler un écart considérable pour compenser les baisses de production dans le BSOC.
  • Le BSOC sera une source de premier plan pour de nombreuses années, mais il faudra redoubler d'efforts et employer beaucoup de ressources pour contrer ce déclin.
  • De plus, il se peut que du gaz provenant d'autres sources, c'est-à-dire non classiques, ou de nouvelles régions soit nécessaire. Pensons par exemple à la côte Est et au Nord canadien, et au méthane des gisements houillers (MGH).
  • Outres les approvisionnements d'origine canadienne, de nombreuses propositions ont été présentées pour l'importation de GNL en Amérique du Nord, dont certaines au Québec, dans les Maritimes et en Colombie-Britannique. Selon les observateurs, certaines de ces propositions ne se concrétiseront pas.

Cette perspective canadienne permet de constater qu'il sera probablement plus difficile pour le Canada de soutenir une telle croissance sur le marché intérieur et le marché d'exportation comparativement aux années passées.

Cela laisse supposer que l'Amérique du Nord a besoin d'approvisionnements additionnels ou que les habitudes de consommation et l'attitude de la population envers le gaz naturel et l'énergie en général devront changer radicalement.

Le gaz naturel en contexte

Le gaz naturel en contexte

Les principales caractéristiques du marché du gaz naturel, tel qu'il se présente aujourd'hui, se résument donc de la façon suivante :

  • Le marché nord-américain est intégré; on peut acheter du gaz à de nombreuses sources différetes et le faire livrer dans n'importe quel marché par l'entremise d'un réseau pipelinier d'envergure continentale. De plus, les conditions régionales de l'offre et de la demande se répercutent sur le marché tout entier.
  • La consommation de gaz naturel continuera de croître en Amérique du Nord, en raison surtout du développement de la production d'électricité à l'aide de gaz naturel.
  • La production de gaz montre des signes de plafonnement au Canada comme dans les États continentaux des États-Unis. Par ailleurs, le rendement des puits au large de la Nouvelle-Écosse a incité les producteurs à commencer la mise en valeur du prochain groupe de champs plus tôt qu'on ne le prévoyait il y a quelques années à peine.
  • Aux États-Unis, la croissance de la production dans les Rocheuses et certaines zone du golfe du Mexique n'a pu contrebalancer le recul dans les autres bassins. Dans l'ensemble, la production de gaz sur le continent marque le pas depuis quelque temps.

Le marché réagit toutefois à la croissance de la demande et au plafonnement ou aux baisses de production en faisant grimper les prix en plus de les rendre instables à court terme. En revanche, le marché a éliminé jusqu'à 5 Gpi3/j de demande ces dernières années (dont une grande partie dans les secteurs énergivores ou sensibles aux prix tels que les produits chimiques et les engrais), La demande accrue de la part des centrales électriques a toutefois contrebalancé une partie de ce volume.

Les exportations annuelles par catégorie

Les exportations annuelles par catégorie

Nous sommes maintenant témoins d'un marché à très court terme, les prix étant établis et les contrats structurés de façon à répondre à la dynamique du marché. Il en va de même pour les exportations.

À l'heure actuelle, environ 83 % des exportations sont assujetties à des ordonnances à court terme (<2 ans).

La politique énergétique du Canada

La politique énergétique du Canada

Ayant décrit le contexte commercial, je veux maintenant vous entretenir des politiques énergétiques du Canada et des responsabilités de l'Office en ce qui concerne la réglementation des exportations de gaz naturel.

De par ses politiques énergétiques, le Canada s'est engagé à respecter les principes d'un commerce sans entraves dans un marché nord-américain intégré. Les politiques du commerce et de l'exportation du gaz naturel datent du milieu des années 80 et faisaient suite aux initiatives de libéralisation des échanges commerciaux sur le continent nord-américain, ainsi qu'à des ententes fédérales-provinciales sur les marchés et la tarification du gaz naturel.

En particulier :

  • L'Accord de l'Ouest (mars 1985), intervenu entre le gouvernement fédéral et l'Alberta, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique (les provinces productrices à l'époque), préconisait un mécanisme plus souple, axé sur le marché, pour la tarification du gaz naturel au Canada.
  • L'entente sur les marchés et les prix du gaz naturel (l'« Entente de l'Halloween », signée le 31 octobre 1985), établissait le principe selon lequel le prix du gaz serait déterminé de gré à gré par les acheteurs et les vendeurs et ce, dans l'intention de favoriser un marché du gaz concurrentiel au Canada. Elle énonçait en outre les conditions auxquelles les exportations de gaz assujetties à une licence seraient permises.

Les exportations de gaz naturel et la politique énergétique

Les exportations de gaz naturel et la politique énergétique

L'Accord de libre-échange nord-américain (signé en janvier 1994) concrétisait sur le plan juridique les politiques adoptées au milieu des années 80.

Dans le marché nord-américain, l'exportation et l'importation de gaz naturel depuis le Canada sont autorisées par l'Office en vertu de licences à long terme ou d'ordonnances à court terme. Si la durée des opérations est supérieure à deux ans, l'Office prend en considération une demande de licence dont la durée peut atteindre 25 ans. L'Office doit alors convoquer une audience publique pour évaluer les répercussions d'une telle licence et la faire approuver ensuite par le gouverneur général en conseil.

Quant aux ordonnances à court terme, l'Office peut les délivrer pour une durée maximale de deux ans, sans restrictions et sans qu'il soit nécessaire de tenir une audience publique ou d'obtenir l'agrément du gouverneur général en conseil. Il peut également délivrer des ordonnances pour l'exportation de très faibles volumes (moins de 30 000 m3/j) durant plus de deux ans et jusqu'à un maximum de 20 ans. Ces ordonnances sont très rares et je n'y ferai donc pas référence dans le reste de mon exposé.

Compte tenu du principe voulant que les marchés fonctionnent librement, le principal critère observé par l'Office lorsqu'il autorise des exportations est de veiller à ce que les Canadiens aient les mêmes possibilités d'acheter le gaz ou l'énergie que l'importateur.

L'Office peut également limiter les exportations pour des raisons précises, par exemple, lorsqu'il est possible de démontrer qu'il y a un lien nécessaire entre une opération d'exportation et des effets environnementaux sur une installation ou une activité à l'origine de l'exportation.

La réglementation des exportations de gaz naturel

La réglementation des exportations de gaz naturel

Ce schéma permet de mieux comprendre le processus.

Comme je l'ai dit tout à l'heure, l'exportation et l'importation de gaz naturel depuis le Canada sont autorisées par l'Office en vertu de licences à long terme ou d'ordonnances à court terme.

Une ordonnance à court terme, d'une durée maximale de deux ans, est délivrée sans restrictions, sans audience publique et sans que l'agrément du gouverneur général en conseil soit nécessaire. En règle générale, une demande d'ordonnance comme celle-là ne compte que quelques pages de renseignements sur l'entreprise qui sollicite l'ordonnance et les modalités de l'exportation proposée. L'Office s'est donné comme objectif de traiter les demandes de ce genre en 48 heures ou moins, ce que nous réussissons presque toujours.

Toutefois, si les exportations doivent durer plus de deux ans, une licence à long terme, pouvant durer 25 ans, devient nécessaire. L'Office étudie les répercussions de la demande dans le cadre d'une audience publique et la licence est assujettie à l'agrément du gouverneur général en conseil. L'Office convoque une audience soit orale, soit par voie de mémoires (selon la nature et les enjeux de la demande dont il est saisi).

Les exportations à long terme

Les exportations à long terme

L'Office a recours à ce que nous appelons la « Méthode axée sur les conditions du marché » (décrite dans le texte de la décision GHW-1-91 de l'Office) pour veiller à ce que le gaz naturel à exporter en vertu d'une licence soit excédentaire par rapport aux besoins raisonnablement prévisibles des Canadiens. Cette méthode comporte deux volets :

1. Une audience comprenant :

i. une procédure d'étude des plaintes, fondée sur le principe suivant lequel l'Office ne doit pas autoriser une exportation de gaz si les utilisateurs canadiens n'ont pas l'occasion d'acheter du gaz à des conditions semblables à celles offertes pour l'exportation proposée;

ii. une évaluation de l'impact des exportations, pour permettre à l'Office de déterminer si l'exportation proposée est susceptible d'empêcher les Canadiens de répondre à leurs besoins en énergie à un juste prix du marché;

iii. des décisions conformes à l'intérêt public, c'est-à-dire que l'Office doit prendre en considération les autres facteurs de la proposition pour déterminer si l'intérêt public national est sauvegardé.

2. Une surveillance soutenue en vue d'évaluer l'offre et la demande d'énergie canadienne ainsi que déterminer si l'accès au gaz est convenable et le marché du gaz canadien fonctionne bien. La fonction surveillance comprend la publication de rapports sur l'offre et la demande et d'autres évaluations du marché de l'énergie.

Les critères d'octroi des liences d'exportation

Les critères d'octroi des liences d'exportation

Lorsqu'il étudie une demande d'exportations à long terme, l'Office doit être convaincu qu'elle répond aux critères de la Méthode axée sur les conditions du marché, pour veiller à ce que le gaz naturel à exporter en vertu d'une licence soit excédentaire par rapport aux besoins raisonnablement prévisibles des Canadiens.

Cette méthode vise également à faire en sorte que l'opération d'exportation répond aux critères d'intérêt public de façon à ce que les acheteurs canadiens aient l'occasion d'acheter du gaz à des conditions au moins aussi favorables que celles offertes à l'importateur, et que,

  • le prix du gaz exporté comprend les coûts d'exportation;
  • il est raisonnable de supposer que les volumes contractuels seront acceptés;
  • les arrangements d'approvisionnement sont adéquats.

L'Office doit également veiller à ce que toute répercussion environnementale pertinente de la proposition soit étudiée, y compris, s'il y a lieu, les effets d'installations ou d'activités en amont (conformément à l'arrêté Office national de l'énergie c. Hydro-Québec de 1994, par lequel la Cour suprême a statué que l'Office pouvait tenir compte des effets environnementaux en amont lorsqu'il étudie une demande d'exportation d'électricité). Pour ce faire toutefois, l'Office doit pouvoir établir qu'il y a un lien nécessaire entre la proposition d'exportation et le projet ou les activités en amont de la frontière internationale.

Exemples :

  • S'il est possible de déterminer que le gaz devant être exporté provient d'une installation particulière, un lien nécessaire peut alors être établi entre la décision d'autoriser l'exportation et les effets environnementaux en amont (par exemple, un approvisionnement établi par contrat uniquement pour l'exportation visée par la licence demandée).
  • Lorsque l'établissement de l'infrastructure en amont dépend de l'approbation de la licence d'exportation.

Si l'Office est convaincu que ces critères ont été respectés, il peut délivrer une licence à long terme pour une période d'au plus 25 ans. L'Office peut imposer certaines conditions concernant le volume ou d'autres facteurs.

La surveillance du marché

La surveillance du marché

L'Office recueille régulièrement certaines données auprès des exportateurs et participants au marché pour veiller à ce que les conditions rattachées aux licences d'exportation continuent d'être respectées et que le marché du gaz naturel fonctionne de manière efficace.

La surveillance du marché permet également d'évaluer l'offre et la demande actuelles et futures d'énergie au Canada, et peut servir à étayer tout avis ou recommandation que le ministre des Ressources naturelles pourrait demander à l'Office concernant les marchés de l'énergie et les exportations.

La concurrence pour le gaz naturel

La concurrence pour le gaz naturel

Qu'est-ce que tout cela signifie pour le Québec et le Canada?

Si nous admettons que la croissance de l'offre de gaz naturel a plafonné ou presque, au Canada et en Amérique du Nord, l'augmentation de la consommation se traduira par une concurrence plus vive et, en corollaire, des répercussions sur le prix.

Les voisins du Québec, soit le Nord-Est américain et l'Ontario, prévoient tous les deux qu'ils auront besoin de plus de gaz pour alimenter la demande future en production d'électricité. Pour l'Ontario, le gaz naturel est appelé à remplacer une bonne partie du charbon comme charge d'alimentation des centrales.

Le potentiel de nouvelles sources d'approvisionnement nord-américaines

Le potentiel de nouvelles sources d'approvisionnement nord-américaines

En termes d'offre, il existe des sources potentielles en approvisionnements additionnels ou non encore développés pour le marché nord-américain. Les enjeux et les délais éventuels varient de l'une à l'autre de ces sources, mais les manchettes quotidiennes ne manquent pas de nous informer que l'industrie réagit aux hausses de prix et fait tout ce qu'elle peut pour mettre en valeur ces autres sources de gaz naturel.

Vous n'ignorez sans doute pas que nous allons bientôt nous pencher sur une demande concernant un gazoduc pour le transport de gaz à partir du delta du Mackenzie. D'autres projets sont à l'étude en vue du transport de gaz en provenance de l'Alaska.

D'autres entreprises étudient la mise en valeur de sources de gaz naturel moins classiques, notamment le gaz naturel extrait du charbon dans l'Ouest canadien et le gaz de schiste aux États-Unis.

Enfin, si l'on en juge par des expansions récentes aux États-Unis et le nombre de propositions et annonces à l'échelle continentale, une autre source éventuelle d'approvisionnements additionnels est l'importation de GNL (gaz naturel liquéfié).

La mise en valeur du GNL

La mise en valeur du GNL

L'offre raréfiée sur les marchés, les prix élevés, la nécessité de développer de nouvelles sources d'énergie assez rapidement, la chute des coûts de liquéfaction et de transport du GNL ainsi que les modifications apportées récemment à la réglementation américaine sont autant de facteurs qui rendent les nouvelles installations de GNL très intéressantes. Quelque 50 projets de GNL ont été mis de l'avant pour l'approvisionnement du marché nord-américain. Selon les observateurs, seuls quelques-uns seront menés à terme.

Bien que ce dossier suscite plus d'intérêt aux États-Unis et au Mexique, des terminaux de GNL, ou terminaux méthaniers, sont envisagés au Canada. Les emplacements possibles sont Gros Cacouna et Rabaska au Québec, Canaport au Nouveau-Brunswick et Point Tupper et Goldboro en Nouvelle-Écosse, de même que Kitimat et Prince Rupert en Colombie-Britannique.

Il y a de fortes chances que les entreprises qui prévoient d'importantes hausses des exportations de gaz naturel et comptent y participer envisagent également des importations plus considérables, ce qui signifie, à toutes fins utiles, qu'il faudra importer du GNL.

D'autres sources d'énergie

D'autres sources d'énergie

Au cours des prochaines décennies, les combustibles fossiles comme le gaz naturel continueront de représenter une partie considérable de l'offre d'énergie au Canada. Cependant, il n'y a aucun doute que nous pouvons modifier notre façon d'utiliser l'énergie et le gaz naturel, non seulement par l'amélioration de la technologie et du rendement de l'équipement qui consomme le gaz naturel, mais aussi par la mise en oeuvre de technologies permettant d'utiliser d'autres sources d'énergie.

Par exemple, les technologies nouvelles qui font appel au vent, à la biomasse et aux petites centrales hydroélectriques, quoique représentant aujourd'hui seulement 1,5 % de la production d'électrictié au Canada, pourraient atteindre, si leur utilisation se multiplie, 8 % des besoins en production d'électricité du Canada d'ici 2025.

De plus, prolonger la vie d'autres sources actuelles telles que les centrales nucléaires, même si elles occupent relativement peu d'espace dans le paysage énergétique canadien et québécois, pourraient contribuer favorablement à notre bilan futur.

Exportations de gaz naturel - Les enjeux

Exportations de gaz naturel - Les enjeux

Sommaire des enjeux liés aux exportations de gaz naturel :

  • Les approvisionnements en provenance du BSOC montrent des signes de plafonnement. De légères hausses sont prévues dans les deux prochaines années, mais il se peut que le bassin ne puisse répondre à la majorité de la demande additionnelle comme il l'a fait dans les décennies précédentes.
  • Bien que nombre d'analystes prévoient un nivellement relatif de l'offre en Amérique du Nord, les projections indiquent que la demande s'accroîtra (grâce à la croissance économique et au recours dans plusieurs régions à des combustibles moins polluants).
  • En conséquence, tant les consommateurs que les régions consommatrices se livreront concurrence pour le gaz disponible. Pour le Québec, le potentiel de hausses importantes de la demande parmi les producteurs d'électricité de l'Ontario et du Nord-Est des États-Unis aura un effet sur les prix, leur volatilité et la dynamique des marchés dans ces régions.
  • Même si la croissance de l'offre a permis de ne presque pas limiter les exportations par le passé, un environnement dans lequel l'équilibre de l'offre et la demande est serré nous obligera à surveiller les marchés attentivement pour confirmer qu'ils fonctionnent convenablement et sont efficaces.
  • On pourrait s'opposer dans certains milieux aux emplacements des terminaux méthaniers (un enjeu que tout exportateur doit considérer étant donné que les exportations de gaz naturel pourraient dépendre des importations de GNL).
  • Enfin, tout cela indique que dans la mesure du possible, il y a certaines choses que nous pourrions faire pour améliorer nos processus et politiques de réglementation.
    • si, ce faisant, nous ne retardons pas inutilement le développement de nouvelles sources d'approvisionnement;
    • ou si cela nous aide à mieux concentrer notre action en matière de consommation (c'est-à-dire la diversification des combustibles ou la réduction de la demande de gaz en faveur d'autres combustibles).

Si l'on prend le Québec comme exemple, en cas de croissance de la consommation de gaz dans un marché intérieur ou d'exportation adjacent, faute de nouvelles sources d'approvisionnement, la concurrence sera plus forte et les prix du gaz dans cette région présentera non seulement des défis, mais aussi des opportunités.

Exportations de gaz naturel - Les opportunités

Exportations de gaz naturel - Les opportunités

Ce nouvel environnement nous offre aussi diverses opportunités :

  • Le Québec n'est pas un aussi grand consommateur de gaz naturel que certains de ses voisins (comme l'Ontario et le Nord-Est américain), mais ces derniers auront besoin de plus d'énergie et de gaz naturel, de sorte que le Québec pourrait se positionner pour jouer un rôle important dans la réalisation d'un nouveau bilan énergétique, en permettant soit la mise en valeur de nouvelles sources d'approvisionnement, soit le recours à d'autres sources d'énergie.
  • Comme le Québec se fie moins sur le gaz naturel que les autres, et qu'il est riche en d'autres ressources énergétiques en plus de faire preuve de beaucoup d'innovation, il pourrait être mieux positionné pour mettre en valeur d'autres sources d'énergie.
  • Enfin, les prix et l'environnement actuels encourageront le développement d'approvisionnements provenant de nouvelles régions ou de sources non classiques. Bien des gens prévoient que l'exploitation du méthane des gisements houillers, bien qu'en étant à ses débuts, contrebalancera le déclin des bassins traditionnels, et même davantage. De nouvelles zones productrices restent à exploiter ou de nouveaux gisements à découvrir. En plus du Grand Nord, des découvertes sont possibles plus près des infrastructures actuelles, comme le démontre l'importante découverte de gaz faite à la fin de l'année dernière par Shell dans le centre-ouest de l'Alberta (volume estimatif de gaz en place entre 500 et 800 Gpi3, et débit initial aux puits d'environ 30 Mpi3/j).
  • Dans toutes les régions, cet environnement nous incitera à faire plus d'efforts pour planifier et mettre en oeuvre les changements et innovations qui permettront d'optimiser l'utilisation de cette ressource si importante. Tout cela devra se faire en ne perdant pas de vue le principe du développement durable, qui exige l'intégration des aspects économiques, sociaux et environnementaux dans le processus décisionnel.

Conclusion

Conclusion

Communiquez avec nous!

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Je termine en vous remerciant de votre attention. Je vous donne aussi les coordonnées de l'Office, en vous encourageant à communiquer avec nous si vous désirez de plus amples renseignements sur le sujet abordé aujourd'hui ou sur des questions connexes, ou pour obtenir des données statistiques sur les marchés et les exportations d'énergie.

Voici donc l'adresse de notre site Web pour consulter le répertoire de notre personnel avec leur titre, mon adresse courriel personnel et notre numéro 1-800.

Je serais très heureux maintenant de répondre à vos questions sur le sujet dont j'ai traité aujourd'hui.

Contactez-nous!

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Date de modification :
2012-01-11