
Atelier de 2008 - L'avenir énergétique du Canada
Séance 2B
Les enjeux de la production et du transport d'électricité
Ottawa (Ontario)
Présenté par
Bill Seney
Analyste des marchés
Équipe de l'électricité
Office national de l'énergie
22 janvier 2008
Bonjour. Je m'appelle Bill Seney, analyste de marchés au sein de l'Équipe de l'électricité à l'Office national de l'énergie. On m'a demandé d'agir comme modérateur pour cette séance et je m'empresse de vous présenter nos experts.
Notre premier conférencier sera M. Bill Marshall, président et chef de la direction de l'Exploitant de réseau du Nouveau-Brunswick.
Viendra ensuite M. Ron Oberth, directeur des opérations de marketing pour Énergie atomique du Canada Limitée.
Le dernier, mais non le moindre, est M. Peter Love, directeur des économies d'énergie au Bureau des économies d'énergie de l'Ontario.
Avant de donner la parole au premier de nos invités, permettez-moi de prendre quelques minutes pour dresser un bref sommaire des principaux résultats de nos analyses et parler de certains enjeux soulevés dans le rapport.
Chaque conférencier disposera d'une vingtaine de minutes, après quoi nous aurons une période de questions et de discussion générale elle aussi d'une vingtaine de minutes. Je vous prie de patienter jusqu'à la fin de la dernière présentation pour poser vos questions à nos spécialistes.
Un des résultats intéressants de l'étude sur l'avenir énergétique est qu'il permet de constater le changement de composition des éléments de production au fil du temps.
La production hydroélectrique totale augmente quel que soit le scénario prospectif, mais sa part du marché diminue au fur et à mesure que la croissance des autres sources de production se fait plus rapide.
La production au nucléaire et au gaz naturel croît légèrement.
Les changements les plus remarquables se produisent du côté du charbon, qui subit un recul prononcé surtout en raison de son élimination graduelle en Ontario, et de l'éolien, qui connaît une hausse intéressante.
Comme nous avons pu le constater au cours de la première séance, la capacité éolienne a connu une bien plus forte hausse que l'énergie éolienne. En effet, la nature intermittente des vents a pour effet de réduire le facteur de capacité. En d'autres termes, un MW de production à l'éolien donne moins d'énergie qu'un MW produit au moyen d'énergie nucléaire ou hydroélectrique.
Pour ce qui est du gaz naturel, à mesure que des centrales de cogénération ou à cycle combiné, à grande capacité, s'ajoutent à l'infrastructure, la production au gaz naturel augmente plus rapidement que la capacité de production au gaz naturel.
Voyons de plus près les résultats de l'analyse de la situation en Ontario car ils illustrent très bien ces changements.
Comparativement aux totaux obtenus à l'échelle nationale, on constate une plus forte croissance de la production au nucléaire et au gaz naturel en Ontario, ce qui donne lieu à la mise au rancart des centrales au charbon au plus tard en 2015. Les scénarios Maintien des tendances et Îles fortifiées comprennent un projet pilote de petite installation au charbon épuré (360 MW) après 2020, tandis que le scénario Triple-E ne comporte aucune centrale au charbon.
Compte tenu de l'attention accordée aux sources d'énergie de remplacement, il peut paraître étrange que la capacité éolienne en Ontario soit inférieure à la moyenne nationale. Or cela témoigne des difficultés que pose l'intégration de l'éolien dans un réseau comme celui de l'Ontario où le thermique prédomine. Les réseaux qui produisent surtout de l'hydroélectricité, tels ceux de la Colombie-Britannique, du Manitoba et du Québec, s'accommodent plus facilement des aléas de sources d'énergie intermittentes comme l'éolien et, par conséquent, font grimper la moyenne nationale. La part de l'éolien en Ontario est comparable à celle des autres provinces où le thermique est dominant, notamment l'Alberta et les Maritimes.
L'amélioration des infrastructures comporte de nombreuses difficultés. Non seulement faut-il beaucoup de capitaux, mais il y a possibilité de pénuries de main-d'oeuvre qualifiée, sans compter que le public doit pouvoir accepter de nouvelles installations. Ces améliorations seront-elles apportées en temps opportun pour que le réseau d'électricité demeure une source d'énergie fiable?
Un fait nouveau qui intéresse énormément le grand public depuis quelques mois est le regain d'intérêt pour la production au nucléaire, non seulement en Ontario, mais aussi au Nouveau-Brunswick et en Alberta.
Compte tenu du manque de réaction des consommateurs d'énergie aux signaux de prix, il faut lancer des programmes novateurs en mesure d'aider au contrôle de la demande d'électricité.