
Juillet 2006
Pour préparer son rapport de 2007 sur l'avenir énergétique, l'Office national de l'énergie (l'Office ou l'ONÉ) a voulu prendre connaissance du point de vue des Canadiens qui s'intéressent aux questions d'énergie. À cette fin, il s'est rendu, en mai 2006, dans huit villes canadiennes où il a rencontré plus de 160 groupes représentant l'industrie, le gouvernement, des organisations non gouvernementales (ONG) et le milieu universitaire. Les rencontres avaient pour but d'engager le dialogue sur les grandes questions énergétiques et d'utiliser les commentaires des parties prenantes pour élaborer le prochain rapport sur l'avenir énergétique. L'Office voulait donner l'occasion aux parties prenantes de commenter sa méthodologie ainsi que son analyse de l'offre et de la demande d'énergie à long terme au Canada. En plus des séances de mai, l'Office tiendra une autre série de séances de consultation au début de 2007. La première série de séances, qui est l'objet du présent rapport, portait sur la démarche analytique proposée, sur les principales hypothèses de départ sur lesquelles est fondé le scénario de référence, de même que sur la trame et les hypothèses de base des scénarios prévisionnels. La deuxième série de séances de consultation portera sur les résultats préliminaires.
Le présent rapport a pour but de communiquer les messages clés tirés de la première série de consultations et de résumer la rétroaction sur le scénario de référence et les scénarios prévisionnels. Il vise également à donner un aperçu des enjeux énergétiques de l'heure, et du territoire de compétence dont ils relèvent, en fonction des points de vue exprimés par les participants. L'information contenue dans le présent rapport ne reflète pas l'opinion de l'Office; il s'agit plutôt d'un résumé des commentaires recueillis aux quatre coins du pays.
L'Office utilisera l'information pour dresser son rapport de 2007 sur l'avenir énergétique. Au cours des quelques prochains mois, tous les commentaires faits par les parties prenantes seront évalués au moyen de l'analyse et de la modélisation préliminaires des perspectives à long terme.
Des consultations avec les parties prenantes du Canada sont ressortis plusieurs messages clés, communs à l'ensemble du Canada. Les messages clés visent plus particulièrement l'environnement énergétique du Canada et le rôle en évolution de l'Office.
De l'avis général, la filière énergétique du Canada a effectué un virage vers un nouveau paradigme, lequel est caractérisé par des marchés énergétiques qui se sont resserrés, des prix de l'énergie qui sont élevés et volatils, une monnaie forte, des pressions inflationnistes à la hausse, une infrastructure vieillissante à tous les niveaux et une réaction incertaine de la demande.
À la grandeur du Canada, les participants ont exprimé leurs préoccupations au sujet de la demande actuelle de facteurs de production, dont le plus important est sans doute la main-d'oeuvre qualifiée. L'économie roule à plein rendement, alimentée par quelques mégaprojets entrepris aux quatre coins du pays. La main-d'oeuvre est vieillissante dans plusieurs régions, tandis que les jeunes fuient les industries régionales naissantes pour s'établir dans les villes où les occasions d'affaires pullulent. On assiste à une intense migration interprovinciale de la population, comme en témoigne notamment le déplacement des travailleurs de Terre-Neuve vers l'Alberta où les attend l'industrie des sables bitumineux. Par ailleurs, la main-d'oeuvre réellement disponible témoigne du manque de travailleurs qualifiés ou compétents dans leur profession, tels que des ingénieurs et des travailleurs spécialisés. Il existe aussi à l'heure actuelle des possibilités importantes dans des pays en développement, ce qui peut accroître la pression exercée sur le Canada sur le plan de la capacité de recruter et de maintenir en emploi des employés qualifiés. Les participants ont déclaré que ces contraintes devraient être mises en évidence dans le scénario de référence.
Compte tenu de l'évolution rapide des changements et des enjeux cités plus haut, un cadre de politique énergétique s'impose. Ce cadre doit être souple et adaptable. Plusieurs provinces et territoires du Canada ont déjà mis au point des stratégies en matière d'énergie ou sont en train d'y travailler à l'échelon provincial. Il faut des initiatives proactives à l'échelle fédérale et provinciale.
En ce qui concerne le mandat ou le rôle de l'ONÉ, les participants ont invité l'Office à continuer de prendre des mesures proactives pour promouvoir le dialogue sur l'énergie avec l'industrie et le public canadien. Certains participants ont fait allusion au besoin particulier des jeunes Canadiens de se brancher sur les questions énergétiques. Selon eux, c'est l'Office qui est le mieux placé pour trancher les questions controversées et pour discuter de la sécurité et de la durabilité énergétique plus régulièrement et plus visiblement.
Il faut toutefois noter que le public souhaite que l'ONÉ continue sur la lancée qu'il a récemment adoptée, soit faire des recommandations et jouer un rôle de leader pour renseigner la population canadienne sur l'industrie de l'énergie, ce qui ne doit pas nécessairement se limiter à la publication d'évaluations du marché de l'énergie. Les commentaires reçus laissent sous-entendre en outre que le rôle de l'Office pourrait peut-être évoluer de manière à intégrer la réglementation du marché du carbone ou du moins, à participer d'une manière quelconque à la tarification du carbone.
L'Office et les autorités de réglementation provinciales doivent resserrer leurs liens tout en accroissant la visibilité de l'ONÉ en tant que ministère fédéral. Quelques participants, particulièrement dans le Canada atlantique, ont suggéré que l'Office joue un rôle de leadership plus important dans les questions d'électricité et, pour ce faire, que l'Office devrait faire valoir ses connaissances dans ce domaine et entretenir des rapports plus étroits avec l'industrie de l'électricité.
Plusieurs groupes ont suggéré que l'ONÉ pourrait s'aligner davantage sur les autres ministères, notamment Ressources naturelles Canada, dans le but plus particulier d'uniformiser les données tirées des bases chronologiques. De nombreux représentants de l'industrie énergétique souhaitent que l'ONÉ et ses partenaires concernés à Ottawa partagent davantage de renseignements et de données, afin de mieux servir le public canadien par la prestation d'une information précise et uniforme. Par ailleurs, plusieurs participants aux consultations aimeraient que l'ONÉ ait une plus grande influence sur les décisions et politiques provenant d'Ottawa, particulièrement celles qui touchent l'énergie et l'environnement.
Les Canadiens veulent des rapports sur l'avenir énergétique plus fréquents, qui sont davantage axés sur la volonté de partager l'information et de favoriser le dialogue, comme dans le cas des récentes consultations pancanadiennes. Bien que le rapport serve principalement aux gouvernements et aux responsables des politiques, les différents acteurs de l'industrie considèrent ce genre d'effort comme un point de référence valable pour leurs propres projections. Plusieurs participants ont suggéré que le scénario de référence porte jusqu'en 2015. De manière générale, les scénarios prévisionnels ont été jugés plausibles, bien qu'ils ne soient pas également susceptibles de se produire. L'accent a été mis sur la valeur des renseignements énergétiques pour favoriser la prise de décision efficace.
Les séances de consultation des parties prenantes, qui ont eu lieu en mai 2006, avaient pour objectif premier de recueillir les commentaires des représentants de l'industrie, du gouvernement et des associations en ce qui concerne les hypothèses qui sous-tendent le scénario de référence et la trame des scénarios prévisionnels dont l'Office compte se servir pour son prochain rapport sur l'avenir énergétique. Les commentaires sur la méthode et les hypothèses qui ont été faits pendant les consultations sont résumés ci-après.
De manière générale, les participants aux consultations s'entendent pour dire que l'hypothèse concernant le prix du baril de pétrole à 50 $ est raisonnable et qu'elle constitue le nouveau seuil. Les Canadiens sont « à l'aise » ou se sont adaptés à ce nouveau point de référence. Cependant, du fait que le prix du West Texas Intermediate (WTI) avoisine présentement les 70 $ le baril, quelques participants ont demandé à l'Office comment il allait tenir compte de l'écart de prix en ce qui concerne le scénario de référence. Certains participants ont même suggéré que l'Office ait recours à une fourchette de prix beaucoup plus élevés, de l'ordre des 70 $ le baril à 100 $ le baril.
Pour ce qui est du gaz, l'hypothèse de prix de 7,50 $ le gigajoule (GJ) a fait dire à certains participants qu'un prix aussi élevé risquait de ne pas durer, car il exercerait une pression à la baisse sur la demande à long terme de gaz naturel et inciterait les Canadiens à explorer l'utilisation de la production au charbon ou au nucléaire et pourrait même accentuer la demande d'hydrogène. Plusieurs participants ont proposé le prix de rechange de 6,50 $/GJ, car bon nombre d'entre eux sont persuadés que ce prix contribuerait à une demande de gaz plus constante. En outre, selon certains participants, le gaz naturel liquéfié pourrait contribuer à la baisse des prix du gaz en Amérique du Nord. Certaines parties prenantes estiment toutefois que le gaz naturel est un combustible cher et que l'hypothèse de prix est raisonnable à 7,50 $/GJ.
Les discussions pendant les consultations ont également mis en lumière plusieurs solutions de rechange au traditionnel ratio pétrole-gaz de 6:1, qui se fonde sur l'enthalpie relative des deux combustibles. Dernièrement, étant donné que le rapport pétrole-gaz tournait davantage autour de 10:1, plusieurs représentants de l'industrie ont suggéré que l'Office adopte un ratio de 7:1 ou de 8:1 pour son analyse de l'avenir énergétique. Les participants se sont entendus pour dire que des facteurs autres que le prix du pétrole brut auraient un impact sur le prix du gaz, notamment la possibilité de recourir au charbon.
Dans l'ensemble, le scénario de référence de l'ONÉ a fait l'objet de commentaires positifs. Au nombre des suggestions des participants se trouve la prolongation du cas jusqu'en 2015, afin de favoriser les multiples usages du rapport par les parties prenantes. Certaines personnes ont même suggéré une prolongation jusqu'en 2030.
La rétroaction sur le scénario de référence portait en grande partie sur l'ajout de divers facteurs, tels un pic pétrolier, des changements climatiques, diverses trames géopolitiques et des questions de capacité (particulièrement une pénurie de main-d'oeuvre et des contraintes liées aux ressources hydriques). Les participants ont également souligné l'importance des hypothèses démographiques et l'inclusion des données et de l'information les plus récentes. Ils ont incité l'ONÉ à tenir compte de la meilleure manière de résoudre ces questions lorsqu'il mettra la dernière main au scénario de référence, que ce soit dans le scénario de référence ou à même l'un des trois scénarios prévisionnels.
La démarche à divers scénarios est considérée comme une approche efficace pour explorer l'avenir énergétique du Canada. Chacun des trois scénarios est plausible, quoiqu'ils ne soient pas également susceptibles de se concrétiser. On a encouragé l'ONÉ à sortir des sentiers battus et à explorer chacun des scénarios jusqu'à un point extrême. Parallèlement, plusieurs participants se sont demandé si l'élaboration de scénarios faisait partie du mandat de l'Office.
Dans toutes les régions, les participants se sont dit préoccupés par la manière dont l'Office pourrait traiter des questions relatives aux changements climatiques et au respect du Protocole de Kyoto, ce qui aurait un impact sur l'offre et la demande d'énergie ainsi que sur la croissance économique. Les participants aux consultations ont également recommandé ce qui suit :
Enfin, quelques participants se sont dit en faveur de l'ajout d'un quatrième scénario : un « scénario de rechange » ou un « scénario où rien ne va plus ».
Le scénario « Triple-E » explore un monde où les facteurs énergétiques, écologiques et économiques sont pris en compte dans les principaux processus décisionnels. Ce scénario a pour thème dominant la viabilité.
Des trois représentations de l'avenir énergétique du Canada, c'est le scénario « Triple-E » qui a suscité le plus de rétroaction et ce, dans toutes les régions où les représentants de l'ONÉ se sont rendus. Parce que ce scénario met l'accent sur les facteurs mondiaux, certains participants ont mis en doute son utilité en ce qui concerne le message qu'il transmet aux gouvernements locaux et nationaux. Aussi, les participants ont-ils suggéré que l'ONÉ se concentre sur les questions dans lesquelles les gouvernements peuvent intervenir. Parmi les autres grandes questions abordées par le scénario « Triple-E » se trouve le manque de cohérence qu'il semble y avoir entre les faibles prix de l'énergie et le lien avec l'innovation technologique. Plusieurs participants se sont dit confus devant l'environnement de faibles prix qui favorise les percées technologiques, car l'élément motivateur n'est pas évident. La plupart des participants aux consultations ont vivement mis en doute l'affirmation selon laquelle un environnement de faibles prix porterait à de plus grandes économies d'énergie, ce que sous-entend le scénario « Triple-E ». Des trois scénarios, le scénario « Triple-E' » est celui qui a été jugé le moins plausible. Certain participants l'ont même trouvé exagérément optimiste.
Le scénario « Îles fortifiées » explore un monde où un souci croissant pour la sécurité entraîne un ralentissement de la croissance économique et de la demande d'énergie, ce qui se répercute en bout de ligne sur l'économie canadienne.
Les participants ont invité l'Office à mettre en évidence le rôle de l'énergie éolienne et de l'hydroélectricité dans le scénario et à réduire celui de la puissance nucléaire en raison des enjeux liés à la sécurité qui sont associés à cette dernière. En ce qui concerne la définition du terme sécurité, certains participants se sont demandé si la sécurité des approvisionnements énergétiques correspond à l'autosuffisance. Aussi ont-ils prié l'Office de définir exactement ce qu'il entend par « sécurité des approvisionnements ». La discussion a également porté sur la question de savoir si les investissements en Amérique du Nord sont suffisants par rapport aux sommes investies à l'étranger pour assurer des approvisionnements suffisants, qui permettent de répondre à la demande attendue.
Le scénario « Maintien des tendances » suppose l'action continue des forces de la mondialisation qui engendrent une croissance vigoureuse de l'économie mondiale, stimulée par l'essor de pays en développement; ce qui se traduit par une forte demande pour les ressources canadiennes et une économie canadienne dynamique.
Selon certains participants, ce scénario est un prolongement du scénario de référence. C'est celui des trois scénarios prévisionnels que les participants ont jugé le plus plausible.
En plus des messages clés recueillis à l'occasion des consultations, l'ONÉ a cerné nombre de préoccupations spécifiquement régionales en matière d'énergie. Le profil énergétique de chaque région est unique, au même titre que les questions connexes ayant une incidence sur le milieu. Suivent les messages marquants propres aux différentes régions.
Du pétrole à 50 $ le baril devrait permettre la concrétisation de la plupart des nouveaux projets, mais dans le sillage de la hausse des prix, celle des coûts pourrait constituer une entrave. L'offre de pétrole léger diminue dans la région et des sources d'approvisionnement plus vastes sont mises en valeur. Néanmoins, des inquiétudes demeurent quant au caractère approprié des infrastructures et à la capacité de raffinage. Le prix élevé de l'énergie est perçu comme un avantage pour les champs satellites, dont la mise en valeur, dans le bassin Jeanne-d'Arc, est viable. Le projet White Rose est rentable mais nécessite une délimitation plus précise. Sa rentabilité est attribuable au prix élevé du gaz, mais l'accent continue d'être placé sur le pétrole.
L'intérêt pour l'énergie éolienne est marqué dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador où plusieurs projets éoliens sont envisagés. À Terre-Neuve, leur ampleur est limitée en raison notamment du verglas, qui ne pose pas de problèmes au Labrador. Un projet éolien de 1 000 mégawatts (MW) au Labrador et ciblant le marché des exportations est à l'étape de la planification. Selon certains, un accroissement des importations de GNL dans le Nord-Est des États-Unis pourrait avoir des répercussions négatives sur l'aménagement de nouveaux projets hydroélectriques au Labrador. En raison du phénomène de migration de sortie à Terre-Neuve, l'offre d'électricité est actuellement excédentaire.
Dans le Canada atlantique, Terre-Neuve est unique car, dans le secteur résidentiel, il est possible d'avoir recours au bois ou au mazout comme combustible. Les consommateurs profitent ainsi d'une souplesse accrue pour réagir à une hausse des prix de l'énergie. Les efforts de conservation déployés sont annihilés par l'utilisation d'un grand nombre de gadgets énergivores. Les prix élevés des ressources, notamment énergétiques, ont des conséquences sur le taux de change du dollar canadien, lequel à son tour influe négativement sur le secteur des pâtes et papier, dont plusieurs installations ont dû fermer leurs portes à Terre-Neuve. Cependant, les coûts élevés des ressources sont à l'origine d'un « second regard » en direction de l'industrie minière dans le Canada atlantique. De l'expansion des travaux d'exploitation minière d'Inco et de la mise en valeur du nickel à Voise Bay découlent une grande consommation d'énergie dans la province.
L'essence et le mazout de chauffage font l'objet d'une réglementation à Terre-Neuve et à l'Île-du-Prince-Édouard. Le but de cette réglementation est la transparence et la responsabilisation. Les consommateurs approuvent fortement cette démarche. À l'heure actuelle, la province augmente sa capacité d'établissement de prévisions et élabore sa stratégie énergétique. La stratégie du Québec en la matière, qui vise l'ajout de 4 500 MW à sa capacité totale, aura une incidence sur l'aménagement des projets de production d'électricité à Terre-Neuve, surtout au Labrador.
Les prévisions d'accroissement du PIB de 1,7 % pour le Canada atlantique sont perçues comme inférieures à ce qu'elles devraient être. Certains ont fait remarquer que les tendances en Ontario auront des effets ailleurs en termes de croissance et constitueront un indicateur clé de la disponibilité de la main-d'oeuvre dans le reste du Canada. La province est confrontée à des pénuries d'ouvriers et de spécialistes, ainsi qu'à une augmentation des coûts de la main-d'oeuvre. Nombreux sont les projets d'envergure partout au pays qui se font concurrence pour ces ressources. En outre, les travailleurs qualifiés avancent en âge.
Comme dans le reste du Canada atlantique, les prix élevés du pétrole et les taux de change ont des conséquences. Dans cette région particulière, les prix élevés sont perçus à la fois comme une bonne chose et une mauvaise chose puisque des prix plus élevés sont habituellement accompagnés d'un accroissement des coûts pour les appareils de forage et la main-d'oeuvre. Des commentaires ont été formulés à l'effet que les coûts d'exploration en eaux profondes n'auraient jamais été aussi élevés. Les facteurs économiques associés à la taille des gisements d'hydrocarbures sont une préoccupation, au même titre que les coûts de recherche. Nul ne s'attend que le projet Deep Panuke entre en exploitation avant encore au moins quatre ans. Ces questions d'offre constituent des éléments moteurs pour les projets de GNL.
À l'égard des sources d'énergie de remplacement, dans le Canada atlantique, l'intérêt s'accroît à l'endroit des énergies éolienne et marémotrice, mais des travaux supplémentaires en recherche et développement sont requis. En Nouvelle-Écosse, le facteur de capacité éolienne est le plus élevé de toute l'Amérique du Nord et se situe entre 35 % et 40 %. Le Nouveau-Brunswick prévoit l'ajout de quelque 400 MW d'énergie éolienne. Les prévisions sur 24 heures du régime des vents causent problème. D'autres problèmes pertinents à l'aménagement d'infrastructures éoliennes portent sur l'intégration de l'énergie produite au réseau de transport et découlent aussi du fait que personne n'en veut chez eux. Le Nouveau-Brunswick étudie un plan régional pour l'Atlantique en vue de la mise en valeur de ressources renouvelables. Selon les prévisions, la part de ces ressources devrait passer à 33 % d'ici 2016. La Nouvelle-Écosse souhaite également investir dans des technologies propres. Il faut tenir compte de la question de la séquestration du dioxyde de carbone. Le gaz naturel est considéré comme un combustible cher ayant de précieuses utilisations en dehors de la production d'électricité.
En réaction aux coûts élevés et volatils de l'énergie, le Nouveau-Brunswick s'est engagé dans la voie de la réglementation du prix de l'essence et les consommateurs font pression sur la Nouvelle-Écosse pour qu'elle en fasse autant. Il s'agit là d'une question de premier ordre dans la région compte tenu de l'importance unique de la population rurale n'ayant aucun accès direct à des services de transport en commun. Un désir de stabilité est à l'origine des demandes de réglementation.
Du côté du gaz naturel, son expansion dans le secteur résidentiel et à des fins de chauffage est souhaitée, mais l'infrastructure de distribution appropriée est absente. Il existe aussi un besoin de gros investissements dans ce domaine.
Quelques signes semblent indiquer que la croissance des prix de l'énergie est à l'origine d'un changement de comportement de la part des consommateurs. Toutefois, ce changement ne va pas en profondeur. Le secteur industriel, notamment l'industrie forestière, perd quelque peu de sa compétitivité.
L'économie néo-brunswickoise se ressent des prix élevés de l'énergie et du raffermissement du dollar. Certains ont affirmé que l'industrie forestière y était « en danger » compte tenu des coûts élevés dans la région. Par ailleurs, le secteur de la haute technologie, peu énergivore, connaît une croissance dans le Canada atlantique et les ventes immobilières, apparemment sous la poussée d'une population croissante, sont en plein essor à Halifax. Cependant, comme dans d'autres parties du Canada atlantique, nombreux sont les « travailleurs du savoir » qui s'établissent ailleurs, comme en Ontario et en Alberta. L'enjeu consiste également à attirer de nouvelles industries. Une offre sûre et soutenable de produits énergétiques est prioritaire et c'est ce que visent les plans stratégiques provinciaux.
Le prix de l'électricité est actuellement source de bien des débats au Québec. Presque la moitié de l'électricité de la province est consommée par le secteur industriel. L'inquiétude est grande à l'effet que si la province ne maintient pas les tarifs d'électricité à de bas niveaux, il pourrait y avoir exode d'industries vers des endroits où les coûts sont moindres, comme le Sud des États-Unis. Pour le moment, les prix de l'électricité dans la province sont fonction des tarifs patrimoniaux. Une augmentation tarifaire de 15 % est prévue cette année, puis une autre de 10 % en 2007. Autre question liée aux coûts de l'énergie au Québec : la possibilité d'importation de GNL dans la province, qui aura une incidence sur les prix payés par les utilisateurs finals.
En ce qui a trait à l'énergie éolienne dans la province, certains Québécois considèrent que compte tenu de la population et de la vaste étendue du territoire (comparativement à l'Allemagne, par exemple), il n'y a pas lieu de débattre à ce point de la question du « pas dans ma cour ».
La province prévoit adopter des mesures visant une plus grande efficacité énergétique dans le cadre de son plan stratégique en matière d'énergie, à commencer par l'ouverture du Bureau d'efficacité énergétique. Le gouvernement provincial cherche à « prêcher par l'exemple » grâce à un parc de véhicules et des immeubles consommant moins d'énergie. En outre, des projets visant une plus grande efficacité énergétique devraient être annoncés à l'égard des services de transport public de la province, au même titre que de nouvelles normes s'appliquant au code du bâtiment, le tout adapté en grande partie du modèle californien. Le recours à des biocarburants est aussi envisagé.
La fluctuation du taux de change pourrait avoir des incidences dans la région. Certains ont suggéré que l'accroissement des exportations de ressources dans l'Ouest canadien avait des répercussions sur les taux de change et des conséquences économiques négatives dans l'Est du pays, ce qui affecte le PIB dans la région. Le secteur des pâtes et papiers vit une période de consolidations. Par ailleurs, les grosses industries se sont engagées à économiser l'énergie. Comme ailleurs dans l'Est du Canada, le Québec est témoin de la migration de ses travailleurs vers l'ouest. Plus précisément, ingénieurs et gens de métier se font plus rares dans la province. Ce sont, encore ici, surtout les jeunes qui quittent. Les processus réglementaires provinciaux ont aussi été cités à titre de contraintes faisant obstacle à l'expansion économique.
Du fait que des organisations nationales ont participé à la séance d'Ottawa, plusieurs des questions soulevées s'appliquaient à l'ensemble du pays.
Il faut discuter davantage du réseau de transport d'électricité est-ouest au Canada. Cela nécessite des échanges, entre les provinces, sur la politique à adopter, et il faut tenir compte de facteurs extérieurs. Des liens beaucoup plus solides entre le gouvernement fédéral et ceux des provinces sont requis afin de faire progresser le dossier. L'énergie hydroélectrique continuera de constituer une importante source d'énergie au Canada. De nouveaux aménagements sont possibles dans le Nord, ainsi qu'en Ontario et en Colombie-Britannique. La stratégie énergétique du Québec prévoit elle aussi l'expansion des installations hydroélectriques. En outre, il existe un intérêt plus marqué dans les ressources renouvelables, même si les engagements à cet égard varient d'une province à une autre. La stratégie adoptée pour ces ressources devrait notamment porter sur l'énergie « invisible » afin de tenir compte de l'électricité « hors réseau ». Une définition uniforme et acceptable de ce que sont les ressources renouvelables doit être élaborée. Il se pourrait que le processus d'élimination graduelle du charbon n'ait pas encore été terminé en 2009, contrairement à ce qui avait été annoncé.
La consommation de combustibles pour l'exploitation des sables bitumineux inquiète. La gazéification du bitume et le recours à l'énergie nucléaire semblent peu probables en raison de nombreuses contraintes. Cependant, la cogénération est possible et ne se limite pas au seul gaz naturel.
Il est important que les analyses sur la demande d'énergie tiennent compte à la fois des effets des revenus et de ceux des prix. De plus, la distribution de la richesse est un facteur de premier plan dans le contexte de la demande au Canada. Plus les revenus sont élevés, plus le nombre de VUS est grand, plus grosses sont les maisons et moins grandes sont les préoccupations au sujet des économies d'énergie. Les données laissent supposer que la tendance d'accroissement des ventes de VUS et de camionnettes fléchit. Le potentiel des véhicules hybrides doit être étudié. Il faut aussi tenir compte du protocole d'entente avec l'industrie automobile. Le Canada représente 10 % du marché du transport nord-américain. Les lois américaines auront une incidence sur les tendance au Canada. Le Québec pourrait adopter des normes de transport à la californienne.
Au Québec, il est prévu que certains abandonneront l'électricité au profit du gaz naturel dans les secteurs résidentiel et commercial, de même qu'à la faveur de la biomasse dans ce dernier secteur. En général, le passage d'un combustible à un autre est une question de disponibilité de capital. Dans le secteur des pâtes et papier, il se pourrait également que la gazéification des déchets de bois remplace le gaz. Dans l'ensemble, des gains en efficacité à court terme sont prévus, et la tendance devrait être plus ferme au cours de la présente décennie que pendant la précédente. Une modification des rapports de prix sera à l'origine de l'adoption de nouveaux combustibles. Dans le secteur résidentiel, l'électricité sera davantage utilisée tandis que les biocarburants seront favorisés dans le secteur industriel et, davantage pour des raisons de politique, l'éthanol dans le secteur du transport.
Les contraintes liées à la main-d'oeuvre sont jugées importantes partout au Canada. La migration interprovinciale limite quelques provinces. Des contraintes touchant l'eau, les prix élevés de l'énergie et des pénuries de travailleurs constituent autant de questions critiques pendant la période visée par le scénario de référence. Le secteur des pâtes et papier est un grand consommateur d'énergie au Canada. La tendance d'abandon graduel des combustibles fossiles se maintiendra. De nouvelles possibilités de cogénération seront aussi envisagées. Des craintes existent quant aux besoins plus grands en énergie dans le Nord, auxquels il faudra répondre pour certaines installations, notamment pour le projet d'extraction du nickel de Voise Bay. L'industrie chimique est limitée par la disponibilité des charges d'alimentation de produits pétroliers, en particulier de l'éthane. Le secteur des pâtes et papier se ressent du raffermissement du dollar.
La répartition des sources d'approvisionnement et la diversité des combustibles font l'objet de discussions en profondeur en Ontario. L'énergie nucléaire est une énergie de remplacement de choix, surtout dans le contexte actuel des prix. La grande question qui reste est la suivante : faudrait-il construire de nouvelles centrales ou remettre à neuf les anciennes? Un rapport sur les questions propres à l'énergie nucléaire en Ontario, notamment sur les mesures proposées, devrait être rendu public par l'Office de l'électricité de l'Ontario. Les prix volatils du gaz naturel font que les risques associés à cette solution de rechange sont plus grands, surtout quand il s'agit de remplacer le charbon. L'énergie éolienne est perçue comme non fiable dans la province, et doit donc être « épaulée » par le gaz naturel. Tout comme dans le Canada atlantique, le principal obstacle réside dans la capacité de prévoir d'avance les vents et les besoins de transport pour l'électricité ainsi produite. À l'heure actuelle, la province suppose un facteur de capacité de 10 %. L'importance accordée aux énergies renouvelables s'accentue et l'objectif visé pour ces sources est de 10 % de l'approvisionnement total.
En termes de transport entre l'Ontario et le Québec voisin, une ligne de courant continu (CC) est requise entre les deux provinces, surtout en vue de l'intégration de l'électricité en provenance du Labrador. Pour ce qui est des lignes de transport est-ouest ou nord-sud, certains considèrent que les infrastructures requises dans le premier cas seraient moins rentables compte tenu des coûts plus élevés et des pertes de courant qui seraient importantes. Qui plus est, certaines ventes est-ouest pourraient être moins lucratives que des ventes nord-sud, pouvant éventuellement rendre la chose moins intéressante.
Les consommateurs d'énergie ontariens prennent en compte l'existence de tarifications différentes selon les produits énergétiques proposés. Même s'il est accepté que le pétrole et le gaz sont des preneurs de prix, certains pourraient s'attendre à une intervention gouvernementale lorsque les prix de l'électricité sont élevés et volatils. On a également laissé entendre que la politique gouvernementale limitant la capacité des services publics à passer aux clients les hausses de coûts pourrait avoir des conséquences financières sur ces mêmes services.
Aux dires de certains, des prix élevés de l'énergie n'entraînent pas une réduction de la demande dans le secteur commercial puisque le coût des combustibles a encore peu de poids dans la structure des coûts dans leur ensemble. Un mécanisme d'intervention possible pourrait consister à acheter sur le marché à long terme. Il est probable que les compteurs intelligents seront à l'origine de certaines modifications comportementales, mais pour être vraiment efficaces, ils devront être accompagnés d'appareils ménagers « intelligents » et d'une tarification au compteur horaire.
La main-d'oeuvre quitte l'Ontario en direction de l'ouest et, comme au Québec, des craintes ont été formulées à l'effet qu'à moins de maintenir les coûts énergétiques à des bas niveaux, le secteur industriel de l'Ontario pourrait être amputé au fur et à mesure de l'« exportation » d'emplois au sud de la frontière. La pénurie d'effectifs est également un problème ontarien, surtout dans le contexte de projets d'envergure comme la construction de nouvelles installations nucléaires. Un enjeu qui se dessine consiste à attirer des immigrants, techniciens et spécialistes, alors que de belles occasions commencent à s'offrir à eux dans les pays en voie de développement. Le secteur manufacturier est moins actif en raison d'un fléchissement de la demande des États-Unis. Toutefois, la résilience de ce secteur en surprend plusieurs et des changements sont apportés afin d'en améliorer la rentabilité. La baisse de la demande est aussi attribuable, en partie, au raffermissement du dollar canadien ainsi qu'à la montée des coûts de l'énergie. L'industrie automobile ne semble pas être aussi durement touchée puisqu'elle n'est pas très énergivore. Dans les faits, l'Ontario ne se retrouvera pas en tête du peloton au Canada en termes de croissance économique, celle-ci pouvant même être inférieure à la moyenne nationale. Encore une fois, c'est le résultat d'un déplacement des travailleurs vers l'ouest. Le taux de croissance provincial est comparable à celui du Québec.
Les sables bitumineux et les prix élevés de l'énergie sont les deux sujets dont les Albertains parlent le plus, et de loin, surtout à Calgary. Plus particulièrement, la demande toujours plus grande de combustibles dans la région des sables bitumineux est une question qui préoccupe compte tenu de la croissance marquée dans ce secteur. Une autre source de prospérité à long terme dans la province pourrait être le charbon. Ralph Klein, premier ministre sortant de la province, affirme que les technologies d'épuration du charbon constituent la pierre angulaire de ce potentiel. En outre, ces technologies pourraient faire en sorte de stabiliser les prix du gaz et pourraient aussi constituer la « solution » en vue d'une énergie fiable à long terme et d'une diminution des gaz à effet de serre. Cependant, comme l'ont mentionné les participants de Calgary, les « longs délais d'exécution » et l'attente avant d'obtenir les approbations réglementaires voulues comparativement au temps qu'il faut pour approuver la production de gaz naturel favoriseront celui-ci en dépit d'un milieu où les prix sont élevés.
Les prix élevés de l'énergie auront une incidence sur l'offre comme sur la demande. Certains sont d'avis qu'un prix de 7,50 $ par million de pieds cubes (Mpi3) (90 % du pétrole brut) aura des conséquences négatives sur la demande de gaz naturel. Il y a eu débat autour de la question des liens, avancée par l'ONÉ, entre le pétrole et le gaz, et il est clair que les incertitudes sont grandes quant à l'évolution de ces liens au fil du temps. Il a aussi été suggéré que les résultats de travaux de recherche indiquent une diminution à court terme de la demande d'essence lorsque son prix se situe aux alentours de 1,18 $ le litre. Toutefois, cette diminution s'aplanit et la demande augmente à nouveau par la suite. À longue échéance, certains effets se font sentir lorsque le prix est supérieur à 1,50 $ le litre. Le biodiesel a du potentiel, mais la commercialisation du produit doit être précédée de politiques coordonnées, de technologies efficientes et d'infrastructures appropriées. Des technologies propres aux véhicules électriques pourraient commencer à être adoptées. Le recul constaté sur le marché californien est attribuable à plusieurs éléments, notamment l'exigence de recâbler les garages afin qu'ils aient la capacité voulue pour les prises. Certains ont avancé que le rendement des voitures hybrides n'était pas à la hauteur dans les conditions hivernales qui sévissent au Canada.
Malgré l'arrivée en force, en Alberta, de travailleurs d'autres régions du Canada qui souhaitent profiter de la prospérité de la province, les projets de mise en valeur en exigent toujours davantage. Les coûts d'habitation grimpent en flèche, rendant la situation difficile aux acheteurs d'un premier logis, ce qui est particulièrement évident à Calgary. Il pourrait aussi y avoir hausse inflationniste des salaires. Les entraves possibles aux futurs projets énergétiques se situent notamment aux niveaux de la main-d'oeuvre, des ressources hydriques et des besoins en capitaux. Il faudrait tenir compte de ces éléments dans l'analyse. On estimait que les coûts augmentaient partout dans le monde et pas seulement en Alberta.
Les participants d'Edmonton ont eux aussi exprimé des opinions qui portaient surtout sur l'expansion de l'exploitation des sables bitumineux, dont l'inquiétude soulevée au sujet des contraintes liées aux ressources hydriques. La capacité pipelinière et de raffinage pour le bitume constitue un facteur limitatif dans le contexte d'une capacité de production de trois millions de barils par jour. Il est aussi possible que le prix élevé des hydrocarbures soit à l'origine d'un recours au nucléaire dans la région des sables bitumineux.
Même si les prix élevés de l'énergie sont perçus « positivement » par nombre d'Albertains, ils portent un dur coup aux usines pétrochimiques de la province dont la charge d'alimentation est l'éthane. En réaction à la stabilisation de la production de gaz naturel dans le BSOC et à l'accroissement de la demande, les prix du gaz naturel ainsi que, par ricochet, ceux de l'éthane, ont considérablement augmenté depuis la fin des années 1990, ce qui a eu des incidences sur la rentabilité d'exploitation. De plus, certaines questions ont été soulevées quant aux répercussions d'un ralentissement des prix du pétrole sur l'économie albertaine, qui pourrait même se traduire, selon certains analystes, par une récession.
Dans quelle mesure et à quel moment les consommateurs réagiront-ils aux prix élevés de l'énergie? L'expérience des années 1970 pourrait aider à mieux comprendre le phénomène. Toutefois, en général, l'effet des revenus se fera davantage ressentir que l'effet de substitution. La demande énergétique en dehors du secteur du transport est devenue moins sensible aux prix, mais si ceux-ci s'élèvent suffisamment, il pourrait y avoir baisse de cette demande.
Il ne faut pas s'attendre à une forte croissance dans le secteur des pâtes et papier, surtout avec les taux de change actuels. La population de l'Alberta croît alors que celle de la Saskatchewan diminue. L'immigration doit être plus élevée pour soutenir la croissance économique. Les hypothèses démographiques devraient constituer un élément important dans le cadre de l'analyse de l'avenir énergétique. Outre les contraintes imposées par la démographie et la main-d'oeuvre, nombre d'autres obstacles se posent à l'aménagement de projets d'ampleur, notamment les questions autochtones, la politique environnementale, le réflexe du « pas dans ma cour » et les approbations réglementaires. Certains ont fait valoir que ce sont les contraintes institutionnelles plutôt que l'inefficacité des marchés qui poseraient problème.
Comparativement à d'autres régions, la Colombie-Britannique a un « appétit » assez vorace pour de l'énergie propre. Cette propension est mise en évidence, dans la province, par plusieurs projets à l'échelle communautaire ayant recours à l'éolien ou à d'autres formes d'énergie de remplacement. De plus, BC Hydro étudie activement les incidences des changements climatiques et se penche sur l'utilisation des compteurs intelligents. La fiabilité des lignes de transport en inquiète certains. Les liaisons nord-sud sont plus rentables que celles est-ouest.
Au sujet de l'exploration pétrolière en mer, d'une part, des participants de l'industrie aimeraient avoir l'occasion d'explorer certains secteurs extracôtiers alors que, d'autre part, des groupes environnementaux mettent l'accent sur la possibilité de dommages à l'environnement à l'occasion de travaux d'exploration. Au-delà des impacts environnementaux, il faudra aussi tenir compte des questions autochtones.
Les autres aspects de l'offre abordés tournent principalement autour d'un intérêt accru pour l'exploitation minière (en raison des prix élevés des produits de base) ainsi que pétrolière et gazière dans la province. Cependant, il n'y a pas unanimité quant à la question de savoir qui gérera le coût de l'approvisionnement en gaz compte tenu du manque actuel d'infrastructures. Les producteurs exigeront un certain degré de certitude avant d'investir et voudront tout naturellement orienter le flux gazier vers les marchés où la valeur qui en sera tirée sera la plus élevée. Les profils de charge gazière ont évolué en Colombie-Britannique en raison de modifications à la composition industrielle. Certains secteurs, dont celui de l'aluminium, sont perdus, tandis que d'autres, comme celui des pâtes et papier, essaient d'abandonner le gaz. Ce dernier secteur est durement frappé par le raffermissement du dollar. Il est probable que le dendroctone du pin ponderosa sera à l'origine d'une conjoncture ascendante pendant la période visée par le scénario de référence, mais qu'il y aura recul par la suite.
En 2006, le gouvernement provincial met à jour sa politique énergétique, qui inclura plusieurs des questions précitées, sans oublier les signaux de prix « appropriés » qui sont exigés par les consommateurs.
Les participants ont exprimé le souhait de voir inclure davantage de trames radicales, notamment en ce qui a trait aux incidences des changements climatiques. L'Office a également été invité à étudier plusieurs méthodologies pour l'élaboration des trames.
Au début d'avril 2006, l'ONÉ a envoyé des invitations à 299 représentants de l'industrie, du gouvernement et d'associations, les priant de prendre part aux séances de consultation sur l'avenir énergétique qui auraient lieu en mai 2006. Ces séances, tenues dans huit villes, se voulaient représentatives de chaque région du pays et de tout un éventail de préoccupations propres à chacune en matière d'énergie.
Dans plus de la moitié des cas, invités et participants provenaient du secteur de l'énergie, dont le pétrole, le gaz, l'électricité et des projets visant d'autres produits de base.
Il est à remarquer que 10 % des invitations ont été adressées à des représentants d'ONG mais que ce n'est que dans la moitié des cas que ces groupes ont pris part aux consultations. Autre fait à remarquer : dans l'ensemble du Canada, les associations industrielles ou conseillers en énergie participants ont été supérieurs au nombre invité. Il faut en faire mention car ces associations représentent des points de vue variés dans le secteur énergétique et, par conséquent, des intérêts divers.
Des 299 personnes invitées, 141 ont répondu et, de ce nombre, 103 ont pris part aux séances.
Au sujet de leur impression générale du processus de consultation, 83 % des répondants ont donné la note « bon » ou « excellent » à l'ONÉ. Les répondants ont trouvé « utile » la séance à laquelle ils ont participé et ils ont « apprécié être inclus » dans les discussions. En outre, les participants ont jugé que l'ONÉ avait déployé un « bel effort, intéressant » au moment de la conception de la consultation et des documents de fond. Qui plus est, plusieurs participants ont félicité l'ONÉ pour cette consultation et la production de rapports sur l'avenir énergétique puisque peu de rapports de ce type existent, « ce qui les rend encore plus précieux ».
Quant à la pertinence de l'information fournie aux participants, notamment un document de fond et des diaporamas, encore une fois, 83 % des répondants ont donné la note « bon » ou « excellent ».
La démarche hybride de l'ONÉ (incluant un scénario de référence ainsi que divers scénarios prévisionnels) pour le rapport sur l'avenir énergétique a été bien reçue et 85 % des répondants lui ont donné la note « bon » ou « excellent ». La méthodologie de l'ONÉ pour son prochain rapport a été jugée « raisonnable », « utile » et « solide »; une « démarche réaliste pendant cette période de mutation ». Plusieurs répondants ont invité l'ONÉ à porter le scénario de référence jusqu'en 2015.
Les trames à la base du rapport sur l'avenir énergétique ont reçu un bon soutien de la part des participants aux consultations alors que 90 % des répondants ont donné la note « satisfaisant », « bon » ou « excellent » à l'idée.
Il a été jugé que les scénarios proposaient un éventail raisonnable de résultats possibles, que « les recherches ont été bien faites » et que « la démarche vaut la peine d'être poursuivie ». Plusieurs répondants ont invité l'ONÉ à créer des trames « plus dramatiques » et à « pousser davantage » la description des extrêmes dans chaque cas. Certains répondants ont invité l'ONÉ à accorder davantage d'importance à des questions précises comme l'énergie nucléaire, la sécurité énergétique et les changements climatiques.
Les représentants de l'ONÉ ont été perçus comme étant des conférenciers compétents, avec des présentations de qualité. Tous les répondants ont jugé au moins « satisfaisant » dans l'ensemble la qualité des exposés.
Les répondants ont indiqué que davantage de temps aurait pu être accordé à la discussion des hypothèses émises dans le scénario de référence et aux détails particuliers des scénarios prévisionnels; plusieurs ont suggéré des séances d'une journée complète pour les futures consultations. De plus, les participants avaient le sentiment que des questions à débattre plus structurées auraient été mieux en mesure d'orienter les débats; certains ont avancé que le recours aux services d'un animateur professionnel pourrait aider à garder les discussions dans la voie souhaitée.
Il a aussi été demandé aux participants d'offrir des suggestions quant à des façons d'améliorer les consultations futures de parties prenantes. Au nombre des recommandations fréquemment soumises, nous retrouvons :
L'Office tient à remercier tous les participants aux séances de consultation, qui, grâce à l'ouverture dont ils ont fait preuve pendant les discussions et au temps qu'ils lui ont consacré, lui ont permis d'enrichir ses travaux en vue du prochain rapport sur l'avenir énergétique. L'Office se tient responsable de toute erreur ou omission dans le présent document.
St. John's
Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers
Université Memorial
Ministère des Ressources naturelles, direction de l'Énergie
Centre for Marine CNG
Halifax
Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers
Maritimes and Northeast Pipeline Management Ltd.
EnCana Corporation
Electricity Consumers Alliance of Nova Scotia
Ministère de l'Énergie du Nouveau-Brunswick
Montréal
Hydro-Québec Distribution
Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité
Association de l'industrie électrique du Québec
Ministère des Ressources naturelles
Régie de l'énergie du Québec
Gaz Métropolitain
Rabaska
Union québécoise pour la conservation de la nature
Groupe environnemental STOP
Ottawa
Industrie Canada
Transports Canada
Informetrica Limited
Statistique Canada
Ressources naturelles Canada
Pembina Institute
Association canadienne des fabricants de produits chimiques
Roland Priddle Energy Consulting Inc.
Association canadienne de l'hydroélectricité
Association Nucléaire Canadienne
Association canadienne pour les énergies renouvelables
Cogen Canada
Institut international du développement durable
Association des produits forestiers du Canada
Association Canadienne du Gaz
Toronto
Ministère de l'Énergie de l'Ontario
The Centre for Spatial Economics
Standard & Poor's
Enbridge Gas Distribution
Budd Energy Law
Office de l'électricité de l'Ontario
Commission de l'énergie de l'Ontario
Énergie atomique du Canada limitée
Energy Shop
Manufacturiers et Exportateurs du Canada
Ontario Power Generation
Calgary
Université de Calgary
Canadian Energy Research Institute
Association canadienne des producteurs pétroliers
Association canadienne de pipelines d'énergie
Purvin & Gertz Inc
Alberta Energy and Utilities Board
TransCanada PipeLines Limited
EnCana Corporation
Shell Canada Limitée
Nova Chemicals
Van Ham Resources Inc.
Small Explorers and Producers' Association of Canada
Duke Energy
Canadian Gas Potential Committee
Edmonton
Alberta Energy Research Institute
Université de l'Alberta
Ministère de l'Énergie de l'Alberta
Alberta Research Council
Ministère de l'Environnement de l'Alberta
R.A.S. Brown Consultants Ltd.
Alberta Economic Development
Air Liquide Canada
Progrid Evaluation Solutions
Vancouver
Ministère de l'Énergie de la Colombie-Britannique
Terasen Gas
B.C. Hydro
David Suzuki Foundation
Taylor Munro Energy Systems
Ocean Renewable Energy Group
Représentants de l'ONÉ
Abha Bhargava
Cliff Brown
Terry Harbottle
Dave Michaud
Paul Mortensen
Louise Niro
Wendy Olan
Tara Smolak
Stéphane Thivierge
Bill Wall