Avenir énergétique du Canada 2016 – Offre et demande énergétiques à l'horizon 2040

Avenir énergétique du Canada 2016 – Offre et demande énergétiques à l'horizon 2040 [PDF 1083 ko]

Canada's Energy Future 2016 – Energy Supply and Demand Projections to 2040

Présentation à l’ACPP

M. Peter Watson, président et premier dirigeant

30 mars 2016

Introduction

Imprévisibles, incertains, inédits, voilà autant de qualificatifs décrivant les événements qui ont marqué les dix-huit derniers mois dans le secteur de l’énergie au Canada.

Voici certains des nombreux facteurs qui contribuent à l’incertitude qui règne quant à l’avenir énergétique au Canada :

  • la mise en place rapide de techniques de pointe pour la production d’énergie renouvelable et dérivée des combustibles fossiles;
    la décision de l’OPEP d’ouvrir les robinets;
    la levée des sanctions contre l’Iran;
    l’accord historique de Paris sur le climat;
    le rejet du projet Keystone XL aux États-Unis;
    la levée récente de l’interdiction d’exporter du pétrole américain.

Comme vous pouvez l’imaginer, l’avenir énergétique du Canada ne se résume pas à une seule force en présence; il dépend de l’interaction entre nombre d’entre elles.

  • Les prix de l’énergie, la croissance économique, les politiques et la réglementation, l’accès aux marchés ainsi que la mise au point et l’utilisation de nouvelles techniques ont tous un rôle important à jouer.

Aujourd’hui, j’ai le très grand plaisir de vous faire part de nos « perspectives à long terme » contenues dans le document phare de l’Office national de l’énergie, Avenir énergétique du Canada en 2016 – Offre et demande énergétiques à l’horizon 2040.

Perspectives à long terme de l’Office – Rapport sur l’avenir énergétique

  • Produit d’information phare sur l’énergie publié depuis 1967
  • Seul document sur l’énergie axé sur le long terme à la disposition du grand public au Canada
    • Tous les produits de base dans l’ensemble des provinces et des territoires y sont traités
  • Le rapport ne constitue pas une prédiction du futur, mais plutôt une PROJECTION fondée sur une série d’hypothèses.
  • www.neb-one.gc.ca/avenirenergetique

Avenir énergétique du Canada 2016 – Offre et demande énergétiques à l'horizon 2040

Notes

Cette étude est un point de référence clé puisqu’il s’agit des SEULES perspectives à long terme sur l’énergie à la disposition du public canadien, englobant tous les produits énergétiques ainsi que la totalité des provinces et des territoires.

Cette étude s’inscrit dans une longue tradition de rapports de l’Office sur les perspectives énergétiques. En fait, nous produisons ce document régulièrement depuis 1967.

Jusqu’à il y a quelques années seulement, ce rapport n’était peut-être pas très remarqué par les Canadiens et les médias – et peut-être pas non plus par les décideurs.

La production d’un document de projections sur l’offre et la demande énergétiques jusqu’en 2040 est très difficile, surtout dans la conjoncture actuelle. Permettez-moi donc de vous parler un peu des « subtilités » du rapport.

Tout d’abord, il est important de noter que l’analyse contenue dans ce rapport ne constitue pas une prédiction de résultats futurs. Il s’agit d’une PROJECTION de ce qui pourrait survenir à partir d’une série d’hypothèses.

Ce rapport fait ressortir diverses projections de prix élevés et bas de l’énergie, ainsi que d’autres hypothèses relatives à l’accès aux marchés et à l’infrastructure énergétique.

Plus bas pendant longtemps?

Résultats découlant des scénarios de prix

Prix du pétrole brut Brent – Scénarios de référence, de prix élevés et de prix bas

Prix du pétrole brut Brent – Scénarios de référence, de prix élevés et de prix bas

Production totale de pétrole au Canada – Scénarios de référence, de prix élevés et de prix bas

Production totale de pétrole au Canada – Scénarios de référence, de prix élevés et de prix bas

Notes

Quels sont donc les principaux points saillants dans le rapport sur l’avenir énergétique de cette année?

Premièrement, le prix du pétrole brut.

Comme il faut s’y attendre après une chute aussi spectaculaire des prix visant une de nos plus importantes exportations, le pétrole fait la une.

Dans notre scénario de référence, le prix du pétrole brut Brent est proche de 80 $ le baril en 2020 et de 105 $ le baril en 2040.

  • D’autres organismes qui établissent des prévisions, comme l’Agence internationale de l’énergie et l’Energy Information Administration aux États-Unis, entrevoient une fluctuation à long terme de l’offre et de la demande qui se rapproche de nos projections.

Qu’advient-il du Canada dans un monde où les prix restent bas pendant longtemps?

Notre analyse renferme un scénario de prix bas pour nous donner un aperçu de ce qui pourrait se produire. Dans ce scénario, le prix du pétrole atteint 55 $ le baril en 2020 et 80 $ le baril en 2040.

Il est intéressant de noter que l’impact des prix bas sur la production de pétrole au Canada est relativement amorti au cours des trois ou quatre années suivantes.

  • L’impulsion engendrée par les projets d’exploitation de sables bitumineux qui viennent d’être achevés et qui sont en chantier fait en sorte que la production dans le scénario de prix bas se rapproche de celle de notre scénario de référence.

Après 2020 cependant, la production de pétrole reste essentiellement inchangée dans le scénario de prix bas; elle atteint un plateau à environ 4,8 millions de barils par jour au cours des deux décennies suivantes. Des prix plus bas sur une plus longue période se traduisent par des investissements qui ne sont pas assez importants pour pousser la production au-delà de ce qu’elle sera au cours des prochaines années.

Production d’énergie totale

Production de brut, de gaz naturel et d’électricité sur la base de l’équivalence énergétique

Production de brut, de gaz naturel et d’électricité sur la base de l’équivalence énergétique

Notes

Cela nous amène à notre deuxième point saillant, la production canadienne globale d’énergie.

D’après toutes nos projections, la production d’énergie croîtra considérablement jusqu’en 2040.

Le scénario de référence indique ce qui suit :

  • La production de pétrole au Canada croîtra de 56 % pour atteindre 6,1 millions de barils par jour vers 2040.
  • La production de gaz naturel augmente de 22 % par rapport aux niveaux de 2014 pour s’élever à 17,9 Gpi³/j (milliards de pieds cubes par jour), et les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) constituent un facteur clé de cette croissance.
  • La production d’électricité reste passablement stable, caractérisée par une diminution de la capacité de production à partir du charbon et une augmentation considérable de la capacité de génération à partir du gaz naturel.

Cela pourrait surprendre les Canadiens, étant donné que les discussions sur les questions énergétiques au cours des dernières années ont porté beaucoup sur les ressources renouvelables et leur potentiel de croissance.

En réalité, la plupart des organismes reconnus dans le domaine des prévisions prévoient que tous les types de production d’énergie croîtront considérablement au cours des prochaines décennies.

Que nous réserve l’avenir si les projets pipeliniers ne vont pas de l’avant?

Capacité limitée – Aucun nouvel oléoduc d’envergure pour l’exportation n’est construit

Production de pétrole brut dans l’Ouest canadien – Scénario de référence et de capacité limitée

Production de pétrole brut dans l’Ouest canadien – Scénario de référence et de capacité limitée

Capacité pipelinière canadienne d’exportation de pétrole et exportations pétrolières – Scénario de capacité limitée

Capacité pipelinière canadienne d’exportation de pétrole et exportations pétrolières – Scénario de capacité limitée

Notes

Donc, dans notre scénario de référence, nous projetons une augmentation considérable de la production pétrolière au Canada, mais le rythme d’aménagement de la capacité pipelinière constitue une incertitude marquée.

La question suivante se pose toujours : « que nous réserve l’avenir si les projets pipeliniers ne vont pas de l’avant »?

Dans l’Avenir énergétique en 2016, l’Office a donc envisagé l’effet qu’aurait la non-réalisation de nouveaux projets d’oléoduc d’exportation d’envergure sur la production pétrolière.

  • Cela inclut Keystone XL, Northern Gateway, Trans Mountain et Énergie Est.

Dans ce scénario, nous prévoyons que le transport ferroviaire, plus coûteux, est utilisé davantage, ce qui fait baisser les prix obtenus par les producteurs canadiens.

Nous prévoyons toutefois que de nombreux projets restent profitables dans le scénario à capacité limitée renfermant nos prix de référence, de sorte que la production pétrolière globale du Canada croîtrait à environ 5,6 millions de barils par jour en 2040 dans ce scénario de capacité limitée.

  • Cela représente approximativement 8 % de moins que notre projection de référence.
  • En bref, que nous réserve l’avenir si les projets pipeliniers ne vont pas de l’avant? Notre analyse démontre que si les prix restent suffisamment élevés, la production de pétrole brut continuera à progresser, quoiqu’à un rythme plus modéré que celle qui est prévue dans le scénario de référence, et le transport ferroviaire complétera la capacité de transport.

    Rôle de premier plan des exportations de GNL et prix futurs pour le gaz naturel canadien

    Production canadienne de gaz naturel – Scénarios de référence, prix et GNL

    Production canadienne de gaz naturel – Scénarios de référence, prix et GNL

    Notes

    Deux scénarios de GNL examinent l’incertitude liée aux exportations de GNL à partir de la côte Ouest du Canada : un premier scénario de sensibilité avec GNL élevé et un deuxième sans GNL.

    Scénario de référence : 2,5 Gpi³/j d’ici 2023 – Scénario sans GNL : 0 Gpi³/j – Scénario avec GNL élevé : 6 Gpi³/j

    Comparativement aux quelque 18 Gpi³/j prévus dans le scénario de référence, les projections du scénario avec GNL élevé indiquent une production de 21 Gpi³/j alors que le scénario sans GNL prévoit environ 15 Gpi³/j.

    Les projets canadiens de GNL seront probablement exploités selon une structure à intégration verticale, les promoteurs étant propriétaires des réserves, des installations de production, des pipelines et des usines de liquéfaction. En conséquence, des exportations élevées ou basses de GNL ont un effet direct sur le niveau de la production au Canada.

    Consommation d’énergie et GES

    • Une hausse de l’utilisation des combustibles fossiles est prévue quel que soit le scénario
    • Cela signifie une hausse des émissions de GES

    Demande totale de combustibles fossiles selon le scénario

    Demande totale de combustibles fossiles selon le scénario

    Notes

    Dans notre scénario de référence, l’utilisation d’énergie totale au Canada augmente d’environ 20 % d’ici 2040.

    • Nous prévoyons que les hydrocarbures demeureront les principales sources d’énergie au Canada jusqu’en 2040 pour chauffer les résidences et les entreprises, transporter des marchandises et des passagers et alimenter l’équipement industriel.

    Il importe aussi de noter que dans toutes nos projections, même celles qui sont basées sur des prix élevés, l’utilisation de combustibles fossiles augmente au Canada.

    Cela implique vraisemblablement que les émissions de gaz à effet de serre augmenteront aussi pendant la période de projection, et cela correspond aux dernières prévisions d’Environnement et Changement climatique Canada sur les émissions de gaz à effet de serre.

    Cela est important parce qu’on voit que les scénarios de prix élevés ou bas du pétrole et du gaz naturel, ou le fait que nous aménagions ou non des pipelines ou des terminaux de GNL, ne suffisent pas en soi pour permettre au Canada de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

    Pour réduire nos émissions à long terme, des politiques et cadres d’action sur les GES plus vigoureux et ciblés feront la différence, comme ceux que nous voyons poindre au Canada.

    Et ensuite?

    Mise à jour de notre analyse cet automne pour tenir compte des changements d’orientation récents et du contexte persistant des bas prix

    Mise à jour de notre analyse cet automne pour tenir compte des changements d’orientation récents et du contexte persistant des bas prix

    Mise à jour de notre analyse cet automne pour tenir compte des changements d’orientation récents et du contexte persistant des bas prix

    Version texte : Mise à jour de notre analyse cet automne pour tenir compte des changements d’orientation récents et du contexte persistant des bas prix

    Été 2015: Achèvement de l’analyse AE 2016

    Été 2015: Achèvement de l’analyse AE 2016 Diminution des prix du brut par rapport au niveau élevé atteint en juillet

    Novembre 2015: Annonce du plan sur les changements climatiques de l’Alberta

    Décembre 2015: Protocole d’entente entre le Manitoba, l’Ontario et le Québec pour relier leurs futurs systèmes de plafonnement et d’échange

    Décembre 2015:Conférence de Paris sur le climat

    Janvier 2016: Persistance des cours faibles : le prix WTI descend sous 30 $

    Mars 2016: Le premier ministre du Canada et le président américain s’engagent à réduire les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier

    Notes

    Et ensuite? Quelle sera la prochaine grande nouvelle en 2016? Ou en 2041?

    Les politiques ainsi annoncées sont souvent assez audacieuses. Si elles entrent en vigueur, elles positionneront le Canada à l’avant-garde sur la scène mondiale en matière d’initiatives liées au changement climatique.

    Many of these announced policies are quite bold and, if implemented, would put Canada in the position of having some of the most advanced climate approaches globally.

    Avenir énergétique en 2016 comprend seulement les politiques et programmes prévus dans la loi, ou sur le point de l’être au moment de l’analyse. Bien que les annonces récentes NE soient souvent PAS incluses, le rapport en souligne l’importance.

    Les projections dont j’ai parlé aujourd’hui montrent que la production dérivée des combustibles fossiles continuera à augmenter.

    • Il ne fait nul doute que si la politique climatique continue d’évoluer ainsi, les initiatives mises de l’avant auront un poids de taille sur l’avenir énergétique et environnemental du Canada et les incertitudes seront d’autant plus grandes à l’égard des projections à long terme sur l’énergie.

    Les changements éventuels qui surviendront à l’échelle internationale sont tout aussi importants.

    Conclusion

    • La production canadienne future de pétrole et de gaz naturel devrait augmenter.
    • Elle sera influencée par les marchés, l’infrastructure, la technologie, les politiques et la réglementation.
    • Les incertitudes mettent en évidence la nécessité d’établir un dialogue ouvert fondé sur une analyse factuelle.
    • www.neb-one.gc.ca/avenirenergetique

    Cover page: Canada's Energy Future 2016 - Province and Territory OutlooksNouveautés pour Avenir énergétique du Canada en 2016

    • • Présentations visuelles
    • • Perspectives provinciales et territoriales
    • • Projections mises à jour à l’automne
    Notes

    INFORMATION SUR L’ÉNERGIE

    Le rythme croissant des changements sur les marchés énergétiques canadien et mondial, et dans les politiques climatiques, indique que le besoin d’analyses à jour sur les tendances de l’offre et de la demande d’énergie est plus grand que jamais.

    En réponse à cette tendance, nous mettrons à jour Avenir énergétique 2016 dès l’automne prochain pour y incorporer les derniers développements en matière de politiques.

    • Nous continuerons aussi à étudier des questions importantes pour la filière énergétique canadienne au moyen de nos autres produits d’information.

    Nous espérons que nos analyses, rapports et statistiques aideront les Canadiens et les décideurs à mieux comprendre ces interactions complexes.

    En fin de compte, j’espère pouvoir faire de l’Office national de l’énergie LA source d’information sur l’énergie au Canada, rien de moins.

    CONCLUSION

    Les 18 derniers mois se sont avérés une période de grande incertitude dans le secteur canadien de l’énergie.

    En période d’incertitude, il est important de porter le regard au loin. Car l’avenir énergétique du Canada ne se résume pas à une seule force en présence; il dépend bel et bien de l’interaction entre nombre d’entre elles.

    Les prix de l’énergie, la croissance économique, les politiques et règlements en place, ainsi que la mise au point et l’utilisation de nouvelles techniques ont un rôle important à jouer.

    Nous voyons se profiler l’élaboration d’un cadre stratégique de politique climatique et de mesures connexes qui déplacent réellement l’étalon de mesure.

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