Réflexions récoltées au fil de mes 35 années à l’Office national de l’énergie

Réflexions récoltées au fil de mes 35 années à l’Office national de l’énergie [PDF 814 ko]

Réflexions récoltées au fil de mes 35 années à l’Office national de l’énergie

De haut en bas : pipeline, éoliennes et homme dans un champ avec ordinateur portable

Gaétan Caron,
président et premier dirigeant
Office national de l’énergie
Forum sur la réglementation du secteur de l’énergie de l’Alberta,
le 14 mai 2014

 

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Bonjour! Je vous remercie de l’occasion que vous me donnez aujourd’hui de m’adresser à vous.

On m’a demandé de vous faire part de mes réflexions sur le secteur énergétique du Canada, un secteur en évolution constante. J’ai fait toute ma carrière à l’Office national de l’énergie et dans moins d’un mois, mon mandat de président prendra fin. Cette continuité longue de 35 ans m’a ouvert une perspective particulière de la manière dont l’Office et le Canada réagissent à l’évolution des besoins en énergie. C’est sous cette perspective que je vous communiquerai mes commentaires aujourd’hui. J’aborderai également certains des défis auxquels l’Office fera face dans les années à venir et pour conclure, je vous parlerai des leçons que j’ai tirées au fil des ans.

 

Autrefois

Autrefois

 

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Je me suis joint à l’Office en 1979. À l’époque, l’Office avait ses bureaux à Ottawa. C’est là que la photo a été prise, en 1962. Vous pouvez voir ici les premiers membres de l’Office. Il s’agit de Lee Briggs, Robert D. Howland, Lee Briggs, Ian N. McKinnon, président, Douglas M. Fraser, vice-président, et Maurice Royer.

L’Office a tenu sa première audience en 1960, à peine deux mois après avoir été créé par le Parlement. La première audience portait sur six demandes d’exportation de gaz naturel. Selon le Ottawa Journal : « [Traduction] Nous avons conféré un pouvoir formidable à l’Office national de l’énergie, qui doit jouer à la fois le rôle du juge et celui du prophète, ce qui suppose parfois une certaine dose d’humilité. » Je peux vous assurer que cet aspect du travail de l’Office n’a pas changé.

 

Accent sur la réglementation économique

Accent sur la réglementation économique

 

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Vous pouvez voir derrière moi une autre photo tirée des catacombes. C’est une bande dessinée qui a été publiée dans un journal en 1960. Elle illustre très clairement l’idée que l’Office national de l’énergie est un organisme de réglementation qui est résolument axé sur la réglementation économique. La démarche de l’Office en matière de réglementation repose sur la prémisse que les marchés fonctionnent. L’Office s’en remet donc aux forces du marché pour établir les prix, gérer l’offre et la demande et assurer le commerce de l’énergie. Parallèlement, il surveille constamment ces marchés afin de garantir à la population canadienne une grande certitude quant à ce bon fonctionnement et à son accès à de l’énergie à des prix équitables. Depuis la déréglementation du secteur gazier, au milieu des années 1980, l’Office n’est jamais intervenu directement sur les marchés. Bien entendu, il peut intervenir en tout temps si, pour quelque raison, il constate un dysfonctionnement des marchés. Et, les parties peuvent toujours se présenter devant l’Office si elles ont des inquiétudes.

 

Naissance d’un nouvel Office le 20 avril 2010

Naissance d’un nouvel Office le 20 avril 2010

 

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Le 20 avril 2010, un nouvel Office est né. Évidemment, je ne veux pas dire que le gouvernement a créé un nouvel Office national de l’énergie. Vous conviendrez toutefois avec moi que le contexte dans lequel nous évoluons a radicalement changé à la suite de l’explosion catastrophique de la plateforme Deepwater Horizon. Le monde entier a vu les millions de barils de pétrole qui se sont déversés dans le golfe du Mexique pendant plus de 70 jours. Chaque pays s’est demandé si une telle catastrophe pouvait se produire chez lui.

Le 20 avril 2010, j’étais à Inuvik, dans un gymnase, pour entendre les plaidoiries finales du projet gazier Mackenzie. Moins de 18 mois plus tard, je me suis retrouvé dans le même gymnase avec un bon nombre des mêmes personnes pour m’interroger sur la question de savoir si un accident comme l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon pouvait se produire ici. Oui, bien sûr, a été notre réponse, sauf si nous prenons les mesures nécessaires pour l’éviter. Nous nous sommes donc penchés sur la manière d’éviter un tel accident.

 

Revue du dossier Arctique

Revue du dossier Arctique

 

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Outre la réglementation de certains pipelines et de certaines lignes de transport d’électricité, l’Office national de l’énergie assume des responsabilités de réglementation au nord du 60e parallèle, notamment en ce qui concerne les forages extracôtiers. Au moment de l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, nous travaillions à organiser une conférence technique pour étudier la question de la capacité de forer un puits de secours au cours d’une même saison. Nous avons rapidement constaté que nous devions adopter une approche beaucoup plus globalisante.

Dans les semaines qui ont suivi l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, l’Office a annoncé qu’il entreprenait une revue des exigences en matière de sécurité et d’environnement visant les forages extracôtiers dans l’Arctique canadien. La revue du dossier Arctique a permis à l’Office d’étudier l’information la plus pertinente disponible sur les dangers, les risques et les mesures de sécurité associés aux forages extracôtiers dans l’Arctique canadien.

Pour réunir l’information nécessaire, nous avons tenu plus de 40 assemblées dans 11 collectivités différentes situées dans les trois territoires du Nord. Nous avons étudié les leçons tirées d’incidents similaires. Nous avons également organisé une table ronde d’une semaine à Inuvik, où les participants ont pu dialoguer en personne, poser des questions et faire valoir leur point de vue. Près de 200 personnes ont pris part à cette table ronde sur la revue du dossier Arctique qui s’est déroulée en septembre 2011. À l’issue de cette vaste consultation, l’Office a formulé des exigences de dépôt relatives aux futures demandes de forages extracôtiers dans l’Arctique canadien.

 

Nouvelle orientation de l’Office

Nouvelle orientation de l’Office

 

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La sécurité a toujours été d’une importance primordiale pour l’Office. Dans la foulée d’incidents tels que l’éruption dans le golfe du Mexique, l’explosion du pipeline San Bruno et le déversement dans la rivière Kalamazoo, au Michigan, l’Office s’est imposé comme un chef de file sur le plan des exigences visant à favoriser une culture de sécurité.

Dans les entreprises où il y a une solide culture de sécurité, la direction se préoccupe autant de la sécurité que de la rentabilité, et les employés savent qu’ils seront soutenus, jusqu’au plus haut niveau, s’ils arrêtent ou retardent un projet ou interrompent des activités d’exploitation pour des considérations liées à la sécurité. La quasi-totalité des organisations à haut rendement qui ont une fiche de sécurité exemplaire sont des organisations qui sont déterminées à maintenir une solide culture de sécurité. Selon nous, c’est grâce à un engagement ferme envers la culture de sécurité qu’une organisation peut se concentrer sur la prévention des incidents et la réduction de leur nombre, ce qui est notre objectif premier.

 

Défi : Intensification de la surveillance exercée par le public

Défi : Intensification de la surveillance exercée par le public

 

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L’avenir nous réserve un certain nombre de défis. L’un de nos plus gros défis sera sans aucun doute la manière dont nous réagirons à une rafale de demandes d’agrandissement d’infrastructures énergétiques dans un contexte d’intensification de la surveillance exercée par le public. Le processus de réglementation est de plus en plus considéré comme un lieu de débat public sur la question de savoir si le secteur énergétique devrait être autorisé à mener à bien ses projets de construction et de surveillance d’infrastructure.

Jusqu’à récemment, la population canadienne n’avait aucune idée du rôle de l’Office. L’examen d’une demande de Trans Mountain concernant un projet de doublement d’ancrage en 2006 a réuni 8 intervenants, alors que le processus visant la demande d’agrandissement du réseau de la même société en compte aujourd’hui 400.

 

Défi : Répondre à l’intérêt croissant des médias et du Parlement

Défi : Répondre à l’intérêt croissant des médias et du Parlement

 

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Permettez-moi de vous donner un autre exemple de l’intérêt accru que suscite l’Office : en 2008, nous avons reçu 82 demandes de renseignements des médias, comparativement à 612 en 2013. C’est notre nouvelle réalité. Le public veut de plus en plus comprendre les questions énergétiques et avoir son mot à dire sur ces questions, y compris sur la manière dont l’énergie parvient aux marchés.

Cette nouvelle réalité nous a amenés à élaborer un plan stratégique des communications, afin de communiquer de manière proactive avec les différents publics clés. L’an dernier seulement, notre personnel a accordé plus de 550 entrevues. Depuis l’an dernier également, il est possible de suivre l’Office sur Twitter, qui est un bon moyen de transmettre rapidement des renseignements importants, dont des mises à jour sur des incidents. Nous organisons aussi des événements médiatiques de plus grande envergure; par exemple, la conférence de presse tenue au moment de la publication de la recommandation de l’Office à l’égard du projet Northern Gateway.

 

Défi : Intérêt accru envers la mise en valeur des ressources dans le Nord

Défi : Intérêt accru envers la mise en valeur des ressources dans le Nord

 

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À l’heure actuelle, la mise en valeur des ressources dans le Nord suscite un intérêt peut-être plus vif que jamais. Vous savez peut-être que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest assure maintenant la réglementation des activités pétrolières et gazières qui sont menées sur terre dans les Territoires du Nord-Ouest, à l’extérieur de la région désignée des Inuvialuit et des réserves prouvées de la région de Norman Wells. La réglementation de l’Office continue de s’appliquer aux projets au large des côtes et dans les réserves prouvées de la région de Norman Wells qui sont visés par la Loi sur les opérations pétrolières au Canada et par la Loi fédérale sur les hydrocarbures. Par ailleurs, conformément à une loi territoriale analogue à la Loi sur les opérations pétrolières au Canada, l’Office est l’organisme de réglementation qui est responsable de la région désignée des Inuvialuit pendant 20 ans. En vertu de la Loi sur l’Office national de l’énergie, nous continuons de réglementer les pipelines qui franchissent une frontière provinciale ou territoriale.

Nous nous attendons à recevoir une demande concernant le tout premier projet de forage dans les eaux profondes de l’Arctique. La mise en valeur de la zone schisteuse de Canol suscite beaucoup d’intérêt, ce qui aura une incidence sur l’Office parce que les producteurs doivent acheminer le produit jusqu’aux marchés. Malgré la nouvelle dynamique créée par le transfert de pouvoirs, l’Office demeurera, dans un avenir prévisible, un organisme de réglementation des ressources de l’Arctique et du Nord qui fait l’objet d’une grande visibilité.

 

Leçons apprises : Il est avantageux d’écouter ce que vos employés ont à dire avant de prendre une décision

Leçons apprises : Il est avantageux d’écouter ce que vos employés ont à dire avant de prendre une décision

 

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On m’a demandé dernièrement, pendant une entrevue, si j’avais tiré des leçons au cours de ma carrière. J’ai répondu que j’avais appris à prendre le temps d’écouter ce que les membres du personnel ont à dire. J’ai la chance d’être entouré de 450 personnes qui possèdent des forces et des connaissances techniques spécialisées dans une vaste gamme de domaines. J’ai appris à écouter ce qu’elles ont à dire, et à miser sur leurs connaissances et leur expérience, avant de prendre des décisions. En fonctionnant ainsi, il est possible de prendre des décisions éclairées, qui sont fondées sur un dialogue ouvert.

 

À quoi peut-on s’attendre de l’Office à l’avenir?

À quoi peut-on s’attendre de l’Office à l’avenir?

 

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Peu après mon départ, l’Office déménagera au Centre 10, qui se trouve à proximité de son emplacement actuel. Le nouvel édifice est situé au 517, Dixième Avenue S.-O.

Grâce à une décision récente du Conseil du Trésor de nous accorder des ressources supplémentaires, l’Office peut emménager dans de nouveaux locaux qui lui offriront l’espace dont il a besoin pour croître. À l’avenir, l’Office continuera de se concentrer sur une culture d’amélioration continue et de faire preuve de courage, de transparence et de respect. Nous continuerons sur notre lancée d’organisme de réglementation preste et agile, axé sur les résultats et sur les décisions judicieuses dans l’intérêt public et soucieux d’assurer la sécurité de la population canadienne.

 

Mon départ n’aura pas d’incidence sur la réussite de l’Office

Mon départ n’aura pas d’incidence sur la réussite de l’Office

 

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Pour conclure, je voudrais souligner que mon départ n’aura pas d’incidence sur l’excellent travail qui est effectué à l’Office. Quand je quitterai l’Office, le 6 juin prochain, les 450 personnes qui choisissent d’y travailler continueront de faire des progrès en direction de l’amélioration continue. À vrai dire, si j’ai bien fait mon travail, mon départ n’aura absolument aucune incidence sur l’Office.

Merci!

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